Les deux prétendants à la magistrature suprême, Abdelaziz Belaid et Abdelkader Bengrina, étaient hier sur le terrain dans ce qui peut être considéré comme une campagne avant l’heure pour la prochaine présidentielle.
Habitué de la consultation pour y voir pris part en 2014, Abdelaziz Belaid, chef du Front El Moustakbal, est allé à El-Oued, précisément dans la localité d’El M’gaier où il a rencontré ses militants à qui il a expliqué «les enjeux» du scrutin présidentiel du 12 décembre prochain.
Pour M. Belaid, il ne fait point de doute que « l’élection est le seul moyen politique pour consacrer le libre
choix du peuple », estimant que le rendez-vous électoral prévu avant la fin de l’année « constituera une
belle opportunité de passer de la légitimité révolutionnaire à
la légitimité populaire».
S’agissant des conditions dans lesquelles va se dérouler cette élection présidentielle, le président du Front El Moustakbel s’est félicité de la mise en place de l’instance de contrôle des élections présidée par Mohamed Charfi, plaidant, par la même occasion, pour un vote « transparent » pour doter le pays d’institutions légitimes.
Dans le chapitre lié à l’économie du pays, président du front El-Moustakbal a défendu le principe de «la mise en œuvre d’une économie diversifiée hors fiscalité pétrolière, l’adoption de plans de gestion efficaces permettant la rationalisation des deniers publics et la lutte contre les comportements susceptibles de porter atteinte à l’économie nationale».
Concernant le développement dans son aspect local, M. Belaid a insisté sur « la nécessaire réalisation d’un véritable développement des wilayas dans le sud du pays en vue d’atteindre un développement dans les divers créneaux qui réponde aux attentes des populations ».
Pour sa part, le président du mouvement El Bina n’a pas manqué carrément de lancer des promesses électorales à l’adresse de son auditoire de la circonscription d’El Hamiz, à l’est d’Alger.
Sur les lieux, le candidat à la candidature a promis aux Algériens «la possibilité de se rendre dans une centaine de pays sans le visa » s’il venait à être élu président de la République.
M. Bengrina, transfuge du mouvement de la société pour la paix (MSP), a expliqué aux citoyens venus l’écouter ce que pourrait apporter au pays la tenue de cette échéance électorale.
Il s’est attaqué, dans ce sens, sur ce qui est désigné par le vocable «la bande », estimant que cette «bande peut ressurgir si le peuple ne fait pas preuve d’union avec son Armée ».
Pour le chef d’El Bina, cette même «bande compte encore ses relais dans les médias et au sein des assemblées élues ». D’où, a-t-il soutenu, la «nécessité que l’élection présidentielle se tienne pour éviter une situation de vide constitutionnel dont les conséquences peuvent être lourdes sur l’unité et la souveraineté nationales». En définitive, les deux prétendants au palais de la présidence ont tâté le terrain pour jauger la réaction des populations à leurs discours respectifs en attendant bien entendu que les choses sérieuses commencent dans les prochaines semaines.