La couleur jaune prédominait dans les tribunes du Stade de l’Amitié à Libreville. Normal, c’est la couleur du maillot de l’équipe nationale du Gabon. Mais les Camerounais, proximité oblige, étaient aussi très nombreux pour ce duel de rêve et de cauchemar.

La petite nuance, c’est que les Lions Indomptables pouvaient se permettre de ne prendre qu’un point tandis que les Panthères avaient l’obligation de vaincre. Le match s’est soldé par un nul sans but. Pour résumer la situation, on dira que le Gabon a perdu son match dans les dix premières minutes et à la dernière minute de la prolongation. Décryptage. Les Panthères entament le match à cent à l’heure. Premier ballon touché par le gardien camerounais Fabrice Ondoa, sans danger. Il relâche de ballon. Signe de fébrilité ? Pas du tout. Une simple faute sans conséquence (1’). Le match vient de débuter. Centre de Malick Evouna pour Denis Bouanga. Ondoa impeccable (2’). Une troisième occasion. En or celle-ci. Immanquable. A l’origine, encore Bouanga. Destination « Monsieur But » Pierre-Eymerick Aubameyang. La reprise va faire mouche. Le but devant lui est ouvert. On est à trois mètres de la ligne. A côté. Comme l’artilleur en chef a pu ne pas finaliser cette passe millimétrée. On ne le saura jamais. La domination des Panthères va durer vingt minutes. Mais à chaque fois le jeune et talentueux Ondoa montre de quel talent il est fait. Le roi de la claquette, c’est lui. Pratiquement la seule menace sur le but de Didier Ovono sera une tête d’Adolphe Teikeu, hors cadre. Petit à petit la maturité camerounaise prend le dessus devant des offensives gabonaises trop désordonnées. En seconde période, l’équilibre se confirmera entre les deux prétendants à un quart de finale avec toujours cette maîtrise légèrement supérieure des camarades de Benjamin Moukandjo. Le temps règlementaire est terminé. Il y aura quatre minutes de temps additionnel. Les secondes s’égrènent. Certains spectateurs ont déjà commencé à quitter le stade. Ils ont tort. Un tir énorme de Bouanga qui s’écrase sur la base du poteau gauche d’Ondoa. Attention Ibrahim Dong à la reprise. Ondoa des deux mains, dans un réflexe formidable, repousse l’OVBI (objet volant bien identifié) au-dessus de la transversale. Le Gabon n’ira pas en quart de finale ; le Cameroun, seulement deuxième du groupe A derrière le Burkina Faso, à la différence de buts, aura pour adversaire le… Sénégal, assuré de la première place dans le groupe B. Belle affiche en perspective. Au revoir et merci au Gabon.

 

Le Burkina fait le travail
Le Burkina Faso s’est qualifié pour les quarts de finale de la CAN-2017 en dominant à l’expérience une Guinée-Bissau joueuse mais fragile (2-0), dimanche à Franceville (Gabon). Les Etalons atteignent ce stade de la compétition pour la troisième fois de leur histoire, avec de probants résultats lors de ces deux apparitions: une 4e place en 1998, et une 2e en 2013. Le match nul (0-0) joué dans le même temps entre le Cameroun et le Gabon à Franceville permet aux Burkinabès de terminer en tête du groupe A devant le Cameroun, évitant ainsi le dangereux Sénégal au prochain match. Le Gabon est éliminé da «sa» CAN, tout comme la Guinée-Bissau. Dans ce duel entre les deux «petits» du groupe A, joué dans l’ombre du «derby» entre le Cameroun et l’organisateur gabonais, l’enjeu n’a pas rendu les deux formations plus timorées, bien au contraire. Les deux équipes pouvant encore espérer se qualifier en cas de victoire, elles n’ont pas tergiversé longtemps avant de se projeter vers l’avant, acceptant sans broncher le défi physique et les erreurs techniques rendues inévitables au vu de l’intensité du match. Pour le plus grand malheur des Bissau-guinéens, novices dans la compétition, la première grosse maladresse du match était à mettre à leur actif, leur coûtant un but largement évitable. Sur un centre anodin d’Alain Traoré, le défenseur Rudinilson Silva déviait le ballon de la tête vers son gardien Mendes, qui avait anticipé sa sortie et déserté sa cage. Le retour in extremis de Tomas Dabo n’y changeait rien : le ballon avait franchi la ligne pour quelques centimètres (12). Loin de baisser les bras, les « Djurtus » mettaient ensuite la main sur le match, se procurant six corners (contre aucun aux Burkinabès) dans la seule première mi-temps. Le petit phénomène Piqueti, déjà auteur de l’un des plus beaux buts de la CAN mercredi contre le Cameroun (1-2), était même tout près de rééditer son exploit sur un déboulé côté gauche (44). Jouant leur va-tout pour inverser le score -seule option pour croire encore aux phases finales-, les joueurs de Baciro Cande ont peu à peu laissé des espaces aux Etalons. A l’expérience, les hommes de Paulo Duarte en ont idéalement profité, doublant la mise par Bertrand Traoré d’une frappe croisée à ras de terre (58), avant de résister à leurs adversaires dans la dernière demi-heure.