C’est un véritable cri d’alarme qu’ont lancé de nombreuses familles résidant dans les cités de la commune de Tipasa, dont celle des  200/logements.

En effet, elles font face à une invasion de rats dans leurs domiciles sans trouver une oreille attentive à leur drame, passant leurs soirées et journées à traquer les rats avec les moyens du bord. Doit-on attendre d’avoir des cas de peste pour réagir après avoir vécu le drame de l’épidémie de choléra ? Que font les responsables et agents des Bureaux communaux d’hygiène (BCH), s’interrogent de nombreux citoyens qui ont exprimé leur ras-le-bol à «Reporters».
Suite aux contacts pris par ces familles avec notre journal, nous nous sommes rendus au bureau communal d’hygiène de la commune de Tipasa, et la seule réponse que nous avons obtenue des trois jeunes filles censées être à l’écoute des citoyens est qu’elles sont désolées, elles ne disposent pas de produits. Et comme pour nous «conforter», elles nous font savoir que nous ne sommes pas les seuls à nous être déplacés pour leur «signaler la présence des rats dans les cités !». Après notre insistance sur les raisons de l’inertie du BCH, qui doit être très vigilant après l’épisode de l’épidémie du choléra qui a défrayé la chronique, une des préposées nous expliquera que toute la quantité dont disposait le bureau a été utilisée au cours de plusieurs opérations qui ont touché quelques écoles et certains quartiers.
Nous insistons encore pour avoir plus de détails, ce qui nous permet d’apprendre que seules 4 écoles (1 à Ouzakou, 2 à El Beldj, 1 à Bensâadia, 1 à oued Merzoug) sur les 13 de la commune de Tipasa ainsi que certains quartiers, en particulier, ce qu’ils appellent ici «les douars», où résident les Tipasiens de souche, en ont bénéficié. Aucune cité ni grand ensemble d’habitats, où la concentration populaire est très importante et où les rats prolifèrent en raison des ordures et autres déchets jonchant le sol.
Les habitants n’ont plus qu’à s’armer de patience et trouver, seuls, des solutions et des astuces pour traquer les rats et enrichir les commerçants, qui vendent des produits d’aucune efficacité, excepté la colle qui offre un spectacle qui ne manque pas de vous écœurer et de vous tenir éveillé toute la nuit à l’écoute du moindre bruit.
Le BCH de Tipasa, encadré par deux médecins, absents lors de notre passage au bureau, est composé de 9 employés dont 4 permanents et 5 recrutés dans le cadre du dispositif d’insertion des jeunes, qui semblent tout ignorer de leur rôle et de leur mission. Le préposé à la dératisation est un agent du parc auto de la commune !
Alors, messieurs les élus et autres responsables de la wilaya, que faites-vous des instructions du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales ? A quand la redynamisation de ces structures et une meilleure formation des employés des BCH qui sont la structure de base pour la sauvegarde de l’hygiène locale.
Nous ne finirons pas cet appel de détresse des familles sans rapporter cette réflexion désabusée d’un citoyen : «J’ai envie de rire en entendant sur les ondes de la radio locale que cette semaine, on prépare une rencontre intitulée «Tipasa ville intelligente», organisée par l’Ecole supérieure de commerce.