La situation revient à la normale, la baguette du pain a été vendue hier avec son prix légal, à savoir 10 DA, dans l’ensemble du territoire national. L’intervention des services de sécurité et les contrôleurs des Directions du commerce ont permis de mettre fin à la hausse des prix de la baguette décidée anarchiquement par des boulangers dans certaines localités d’Annaba, Batna, Béjaïa, Bouira, Tizi Ouzou et Oran.

« Le pain a été vendu à 10 DA la baguette dans tout le territoire national », a déclaré à Reporters le président de la Fédération nationale des boulangers (FNB), Youcef Kelfat. Il qualifie le retour à la normale de geste de bon foi de la part des boulangers, mais insiste tout du même sur le caractère légitime des revendications soulevées par les boulangers frondeurs. « C’est une bonne chose que les boulangers respectent la loi, mais nous devons admettre que les revendications de ces derniers sont légitimes », a-t-il précisé. Avant d’appeler les pouvoirs publics à agir en urgence pour éviter une faillite générale des boulangers. « Si les pouvoirs publics ne prennent pas, au cours des prochains jours, des mesures pour aider les boulangers, ce sont tous les boulangers du pays qui vont fermer leurs portes au début de 2018 », a-t-il averti. S’exprimant une seconde fois en deux jours, le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, a indiqué à la Chaine III, « qu’un dossier relatif à cette question est actuellement à l’étude au niveau du gouvernement, afin de trouver une solution pour éviter de recourir à une augmentation du prix ». Dans ce contexte, il a fait état de l’existence de «contacts permanents avec cette organisation professionnelle pour trouver des solutions adéquates au problème relatif à la tarification du pain sans passer par une augmentation du prix ».
Commentant la sortie médiatique du ministre du Commerce, Youcef Kelfat réclame des actes concrets. « Dire que le dossier est en cours d’étude au niveau du gouvernement ne suffit pas pour calmer les esprits et la colère des boulangers. Nous voulons des décisions urgentes », a-t-il réagi, avant de rappeler que tous les prédécesseurs de  Mohamed Benmeradi avaient dit la même chose. « Depuis l’époque de Benbada les ministres du Commerce disent la même chose sans que nos problèmes ne trouvent de solutions fiables et durables », commente-t-il. Pour lui, la solution réside dans la baisse des prix de la farine destinée à la fabrication du pain et ce, pour préserver la marge de bénéfices des boulangers. « Puisque le gouvernement veut garder le prix de 10 DA la baguette de pain pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens, il n’a qu’à réduire les prix de la farine », a-t-il proposé. Avant de recommander à ce même gouvernement de trouver une astuce pour que la farine destinée pour la fabrication du pain ne soit pas détournée à d’autres fins. « Nous savons tous que la farine destinée à la fabrication du pain est utilisée aussi pour faire des biscuits, des gâteaux et autres produits dont les prix de vente sont libres. Il faut que cette situation cesse », clame-t-il.
Sur ce point, il dit que son organisation a la solution. « Nous recommandons au gouvernement de changer de farine actuelle par une autre qu’on ne peut pas utiliser dans la préparation des gâteaux. Elle sera juste valable pour le pain », propose-t-il. Une quarantaine de boulangers sont poursuivis en justice à Bouira pour avoir augmenté le prix de la baguette de pain à 15 DA, a indiqué hier l’APS, en citant les services du commerce de cette wilaya. « Les boulangers ayant augmenté le prix du pain à 15 DA dans la wilaya de Bouira, au nombre de 40, sont poursuivis en justice. Ils ont reçu dimanche leurs procès-verbaux », a expliqué Mustapha Mihoubi, chef de service de contrôle des pratiques commerciales à la Direction locale du commerce. Interrogé sur l’affaire, le président de la FNB affirme que son organisation se chargera de défendre ces boulangers. « Le recours à la justice ne règle pas le problème, il faut une solution globale et durable », a-t-il dit. « Les boulangers ont besoin de compréhension en ces moments difficiles que traverse leur filière. C’est dans ce cadre qu’une délégation du FNB se rendra, aujourd’hui, au siège du ministère du Commerce pour déposer une demande d’audience au ministre », a-t-il indiqué.