Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé, hier à partir de la wilaya d’El Oued, que chaque wilaya sera dotée d’un laboratoire d’analyses et de dépistage du coronavirus ainsi que la formation de médecins à l’épidémie de la Covid-19.
L’initiative est d’emblée saluée par le Syndicat autonome des biologistes de la santé publique (SABSP), par la voix de son secrétaire général, Youcef Boudjelal. Ce dernier estime cependant nécessaire de soulever les problèmes auxquels sont confrontés les biologistes dans l’accomplissement de leur travail en cette période d’urgence sanitaire.
Dans une déclaration à Reporters, Dr. Boudjelal estime que «la situation épidémiologique implique d’élaborer une nouvelle stratégie de santé, notamment, de monter les laboratoires en charge du dépistage du coronavirus». «Depuis deux semaines, le pays enregistre une hausse des cas de citoyens contrôlés positifs au coronavirus. Une situation qui oblige la tutelle à penser à un moyen d’étendre le réseau de dépistage», dit M. Boudjelal. Mais avant de s’orienter vers l’ouverture de nouveaux laboratoires, le biologiste trouve plus judicieux «d’équiper et d’alimenter» ceux déjà existants de moyens nécessaires pour pourvoir faire le prélèvement et le dépistage.
«Le problème ne réside pas réellement dans le nombre de laboratoires d’analyses en charge de dépistage de la Covid-19, mais plutôt dans l’indisponibilité de kits de prélèvement et des réactifs biochimiques, qui sont en manque», alerte notre interlocuteur. Ce dernier explique que les laboratoires d’analyses sont confrontés à une pénurie de réactifs nécessaires aux tests RT-PCR. «Le manque de réactif biochimique constituant les kits de dépistage de la Covid-19 rend la tâche de détection difficile», poursuit le syndicaliste. «Je pense qu’il est judicieux de mettre à la disposition des laboratoires mobilisés des moyens de dépistage, pour penser ensuite à monter le nombre de laboratoires d’analyses et de dépistage de la Covid-19».
Pour lui, «ouvrir un nouveau laboratoire pour le fermer quelques jours après par manque de moyens ne va pas nous servir», rappelant que des directions de la santé publique avaient instruit de fermer les «laboratoires privés ne disposant pas de la plateforme technologique et d’équipements nécessaires leur permettant de contribuer à la campagne nationale de lutte contre l’épidémie du nouveau coronavirus». Ces laboratoires, explique le secrétaire général du SABSP, se sont lancés dans un «but lucratif dans la course de détection sans avoir les moyens nécessaires pour pouvoir le faire et sans l’autorisation de l’institut Pasteur ou d’un accord du ministère de la Santé pour procéder aux tests de dépistage de la Covid-19», regrette notre interlocuteur.
Sur un autre volet, le ministre de la Santé a révélé que les nombreux laboratoires privés ayant collaboré aux côtés de l’Etat et du patient pour effectuer des analyses de détection du Coronavirus contribuant ainsi à gagner du temps et des efforts, seront récompensés. «J’espère que cette décision sera généralisée pour toucher ceux du secteur public qui se sont mobilisés fortement pour maîtriser la situation épidémiologique», lance le porte-parole du SABSP.