Se peut-il qu’il y ait une lueur d’espoir de voir enfin un «cessez-le-feu durable» en Libye après la guerre civile qui l’anéantit et qui se trouve être, de surcroit, nourrie par des parties étrangères aux intérêts divers ? Les déclarations de Ghassan Salamé, l’émissaire de l’ONU pour la Libye, laissent entrevoir ce bout d’espoir après avoir rencontré des représentants des deux belligérants Haftar et Al Saraj.

Ces derniers ont accepté, lors de pourparlers à Genève, de transformer la «trêve» en un «cessez-le-feu durable» et doivent désormais déterminer comment parvenir à cet objectif, a annoncé M. Salamé, mardi, à Genève. «Les deux parties sont venues à Genève et nous avons commencé hier [lundi 2 février, ndlr] à discuter avec elles de la longue liste de points à notre ordre du jour, en commençant par la tentative de transformer (…) cette trêve en un véritable accord sur un cessez-le-feu durable», a-t-il déclaré. «Le principe a été adopté au cours de la première session et la question est de savoir quelles en sont les conditions», a-t-il poursuivi.
Confirmée lors de la Conférence internationale sur la Libye, tenue le 19 janvier dernier à Berlin, une commission militaire conjointe, composée de dix officiers, cinq de chaque côté (protagonistes de la crise libyenne) a pour mission de définir sur le terrain les mécanismes de mise en œuvre d’un cessez-le-feu durable, avec retrait des positions militaires.
«Cinq officiers supérieurs nommés par le Gouvernement d’union nationale (GNA) et cinq officiers supérieurs nommés par l’Armée nationale libyenne (ANL) participent aux pourparlers, qui sont modérés par Ghassan Salamé, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et Chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye», avait indiqué l’ONU dans son communiqué repris par l’APS.
«Il existe une véritable volonté des deux parties de s’asseoir ensemble et de commencer à négocier ensemble», a insisté M. Salamé, spécifiant toutefois que les parties ne discutent pas encore directement.
Salamé dénonce «les violations continues des engagements de Berlin»
L’émissaire de l’ONU a, une fois de plus, dénoncé les violations continues des engagements pris à Berlin par la communauté internationale pour arrêter les ingérences et les livraisons d’armes aux belligérants.
«Nous sommes inquiets parce que nous considérons que des résolutions assez claires prises à Berlin ne sont pas respectées par les deux parties en conflit et nous voyons que de nouveaux mercenaires, de nouveaux équipements sont en train d’arriver pour les deux parties», a-t-il dit, exhortant le Conseil de sécurité à adopter rapidement une résolution pour créer une nouvelle dynamique vers une fin de conflit. En parallèle aux pourparlers militaires à Genève, l’ONU a lancé un autre volet de discussions autour de sujets économiques et financiers et un premier cycle de discussions s’est tenu à Tunis le 6 janvier.
Un deuxième round est prévu la semaine prochaine, le 9 février, au Caire, a indiqué M. Salamé. Il espère également que les parties vont entamer des discussions politiques, probablement dans deux semaines (…) à Genève».
La conférence de Berlin, tenue en janvier, avec la participation du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait abouti à la nécessité de mettre en place un Comité de suivi, sous l’égide de l’ONU, de la mise en œuvre des recommandations de la conférence et d’œuvrer pour le respect et le maintien du cessez-le feu en vigueur en Libye. Dans le même sillage, les ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye (Algérie, Tunisie, Egypte, Soudan, Tchad et Niger) ainsi que le Mali, ont, lors de leur réunion tenue le 23 janvier à Alger à l’initiative du président de la République Abdelmadjid Tebboune, exhorté les belligérants libyens à s’inscrire dans le processus de dialogue politique, sous les auspices de l’ONU, avec le concours de l’Union Africaine (UA) et des pays voisins de la Libye, en vue de parvenir à un règlement global de la crise libyenne loin de toute ingérence étrangère.
Ils ont appelé à la préservation de la sécurité en Libye, son indépendance et son intégrité territoriale, ainsi qu’au rejet des interventions étrangères qui ne font que perdurer la crise et la rendre plus complexe.