PAR NAZIM BRAHIMI
Il n’a pas fallu l’installation de l’hiver que déjà les Algériens revivent la hantise des intempéries et leurs dégâts et désagréments. Des victimes ont été déplorées à Bordj Bou-Arréridj et Oran conséquemment à des intempéries qui n’auraient jamais pu provoquer des pertes humaines si les leçons avaient été retenues par les pouvoirs locaux.
Hasard du calendrier, ce premier avertissement automnal intervient alors que l’Algérie abrite la rencontre régionale sur les catastrophes et au cours de laquelle ont été examinées de « nouvelles approches pour réduire les risques de catastrophes». Le spectacle, qui tend visiblement à se perpétuer à l’approche de la saison des grandes pluies, est désolant.
Aucune leçon n’est tirée. Une forte averse a transformé beaucoup d’artères principales en rivières et tous les accès vers les villes ont été bloqués, ce qui a créé des bouchons sur des dizaines de kilomètres. Le trajet qui se fait habituellement en 20 mn a demandé, en pareilles circonstances, trois ou quatre heures, ce qui cause des retards énormes pour la majorité des travailleurs et des désagréments insupportables pour les usagers de la route. Les ambulances et les voitures de police ne pouvaient pas se frayer un passage dans la cohue d’hier. Tout le monde a constaté les services de voirie à l’œuvre alors que les routes étaient immergées. C’est incontestablement, la conséquence du bricolage. Autrement dit, si on prend ces premières averses comme un avertissement, les autorités locales ont bien du pain sur la planche pour éviter d’autres séquences du genre à l’heure où l’Office national de météorologie diffuse continuellement des bulletins d’alerte.
Au mois de novembre dernier, une séquence similaire a été vécue par les Algérois qui ont subi des désagréments énormes à cause des intempéries et leurs lots de dégâts, mais aussi des autres tracas à l’image des embouteillages quotidiens, jusqu’à faire dire aux citoyens que c’est un autre mode de gestion qui s’impose pour la première ville du pays.
L’ancien ministre de l’Intérieur, qui s’était exprimé sur la prévention et la lutte contre les risques majeurs, a souligné que c’était l’un des «défis importants auxquels fait face la wilaya d’Alger, à l’instar des inondations, des glissements de terrain et des séismes».
Il a appelé, pour y remédier, à l’impératif de mobiliser de façon constante toutes les ressources humaines et matérielles en vue de préserver «la sécurité des personnes et des biens, en relançant, notamment, les plans de secours, en veillant avec rigueur à la mise à jour continue de ces plans et en garantissant la rapidité et l’efficacité des interventions».
Le ministre a plaidé, par la même occasion, «l’ouverture d’un atelier de réflexion en associant des experts et des chercheurs spécialistes, afin d’actualiser l’inventaire de toutes les zones à risques et les points noirs et de préconiser des mesures pratiques à court et moyen termes pour éviter leurs répercussions sur l’environnement et leurs effets sur l’infrastructure».
Les habitants croisent les doigts en espérant qu’ils ne subiront pas les conséquences des intempéries à venir… <