A l’occasion de la présentation de son premier ouvrage « Les Aventures de Petite Dent », publié aux éditions Dalimen, Dr Yasmine Siad, dentiste, est là avec un sourire éclatant, depuis mardi passé et tout au long de la journée d’aujourd’hui, au 12e Festival international de la bande-dessinée (Fibda) pour des séances de vente-dédicaces, de 10h à 19h. La dentiste-artiste aborde pour nos lecteurs la genèse de cet ouvrage éducatif et ludique, son objectif et ses aspirations à travers la publication d’un livre destiné à préparer l’enfant à sa première visite chez le dentiste dans un but de prévention et d’éducation sanitaire.

Reporters : Qu’est-ce qui vous a motivé pour la conception de « Les Aventures de Petite Dent » aux éditions Dalimen ?
Dr Yasmine Siad : Un jour, lors d’un voyage à l’étranger, j’étais dans une librairie, où j’ai découvert sur un rayon des ouvrages destinés aux enfants pour les préparer à aller chez le dentiste, chez le pédiatre, etc. C’est là, où je me suis rendue compte que ce genre d’ouvrage n’existait pas en Algérie. En même temps, lors de mes consultations avec les enfants, j’ai remarqué que le cabinet dentaire était très intimidant pour eux et qu’ils n’étaient pas du tout préparés à cela. Il y a le fauteuil, les instruments et les lumières qui sont assez impressionnantes pour les enfants au point où ils ont réellement peur. Je me suis alors dis qu’il fallait vraiment que ce genre d’ouvrages qui contribue à l’éducation et à la prévention sanitaire puisse exister chez nous. Et donc j’ai décidée de le faire avec le soutien des éditions Dalimen.

Justement, comment s’est déroulée la conception de cet ouvrage ?
J’ai d’abord écrit l’histoire, en créant le personnage « Petite Dent ». Je raconte son quotidien, sa visite chez le dentiste, avec la présentation des instruments et les conseils de prévention comme une histoire ou un conte pour enfant. Ensuite, j’ai fait les dessins sur papier. Pour la version digitale nécessaire pour la publication du livre, c’est la talentueuse illustratrice Dalou, qui publie également de la bande-dessinée aux éditions Dalimen. Elle a adoré le projet dès que je lui ai en parlé. J’apprécie vraiment ce qu’elle a fait en termes d’illustrations, car elle a été fidèle à mes dessins et respecté le code couleurs des illustrations. Je voulais aussi que cela soit une bonne qualité de papier, car c’est destiné aux enfants et c’est très important que l’enfant puisse manipuler avec bonheur le livre et que cela lui plaise. Je suis très satisfaite du résultat final.
Comment se passent vos séances de vente-dédicaces avec les visiteurs du Fibda ?
Depuis le premier jour, je suis contente de l’accueil chaleureux et des organisateurs et des visiteurs et des échanges avec les nombreuses personnes qui ont acheté le livre. C’est vraiment un sentiment positif. Lors de leur passage au niveau du stand Dalimen, les gens sont assez surpris lorsqu’il voit le dessin d’une dent en couverture d’un livre. Ils s’arrêtent et disent : Ah ! C’est une dent ! Pour eux, c’est quelque chose de nouveau car il n’y a pas quelque chose qui traite du médical dans les ouvrages pour enfant et qui soit en même temps ludique et pédagogique. Ensuite, ils sont encore plus surpris quand ils découvrent que je suis l’auteur et dentiste. Cela rend aussi contents les parents d’acquérir ce support en disant à leur enfants : « Vous avez bien entendu comment la dentiste du livre vous a bien expliqué la manière de se brosser les dents ! » C’est là où cela me conforte dans le fait que c’est un support qui contribuera vraiment à aider les parents en termes de prévention dentaire et d’hygiène bucco-dentaire. Et ce qui est encore plus touchant, c’est la réaction des enfants. Ils expriment leur joie et leur admiration avec le regard et l’expression de leur visage quand quelques chose leur plaît. Souvent, lorsque je finis ma dédicace et que je leur remets le livre entre les mains, j’ai droit à un bisou et un gros câlin. Et c’est vraiment la plus grande des récompenses de la conception de cet ouvrage.

Vous êtes dentiste, auteure et artiste dessinatrice, comment arrivez-vous à concilier tout cela ? 
Sincèrement, la réalisation de ce livre m’aide dans mon travail car cela me permet d’avoir des enfants mieux préparés et, par conséquent, cela allège mon quotidien. Et d’autre part, quand vous passez toute votre journée à suivre des protocoles, à la fin vous avez envie d’un peu de liberté. L’art est vraiment thérapeutique et permet de libérer ses émotions. En plus, sincèrement, ma journée est vraiment positive quand on voit que l’on peut contribuer à améliorer la prévention sanitaire auprès des enfants. Ceci tout en s’amusant avec des choses rafraîchissantes. C’est vraiment joindre l’utile à l’agréable.  La prévention est pour moi capitale. Sur un temps de consultation avec un patient, je préfère le passer à discuter et à échanger sur ses habitudes pour prendre un nouveau départ et passer à un autre. Il ne suffit plus de se dire que je fais de la prévention dans mon cabinet ou dans mon lieu de travail. Il faut penser plus globalement et plus grand en termes de prévention sanitaire. Car si on fait un bon travail sur la prévention cela va améliorer notre pratique. J’espère que ce livre va être distribué au niveau des crèches et des écoles et que cela donnera aussi des idées pour ce genre d’ouvrages à d’autres praticiens.