La campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus lancée la semaine dernière ainsi que les dispositions prises pour sa réussite ont fait l’objet d’une journée d’étude, hier, à l’Assemblée populaire nationale, au cours de laquelle a été annoncée la réception par l’Algérie de plus de 700.000 doses du vaccin AstraZeneca Oxford vers la fin du mois en cours.

Cette journée a été également l’occasion pour la délégation conduite par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, composée des cadres du secteur, dont le ministre délégué chargée de la Réforme hospitalière, la directrice générale de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) et le porte-parole du Comité scientifique de suivi de la pandémie de coronavirus, de défendre les différentes mesures prises par les autorités sanitaires depuis le début de la pandémie dans le pays. Le plaidoyer des autorités sanitaires notamment sur «le retard pour lancer la vaccination» s’appuie sur le fait que la situation épidémiologique en Algérie est stable et ne connait pas la gravité constatée dans d’autres pays.
Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, qui a donné de larges explications à ce sujet, a affirmé que son département ministériel a «adopté la stratégie adéquate dans le cadre de l’acquisition du vaccin adéquat en élargissant les opportunités d’achat auprès de plusieurs fournisseurs». Il a également soutenu que «le Comité scientifique a eu un grand rôle dans le volet du choix du vaccin», ainsi que dans «la gestion de la crise sanitaire» et la détermination de «la stratégie de lutte et de prévention» contre la pandémie installée dans le pays il y a un an. Il a, ainsi, défendu les choix dudit Comité quant à la liste des vaccins et noté que vu la forte pression sur les antidotes les plus efficaces à l’échelle mondiale, des discussions ont été entreprises avec des laboratoires et pays fabricants de l’anti-Covid-19 depuis le 6 août 2020 dans le but d‘avoir un vaccin «sûr et efficace» et de «sécuriser les doses nécessaires».
Durant cette période et avant l’acquisition du vaccin, «nous avons signé des mémorandums d’entente avec les fournisseurs et c’est ce qui nous a permis d’acquérir les premières doses et de lancer la campagne de vaccination en janvier, conformément aux instructions du président de la République», a encore souligné le Pr Benbouzid, non sans rappeler également l’adhésion de l’Algérie à l’initiative Covax qui permettra d’avoir à disposition des doses de vaccins supplémentaires. Cette dernière prévoit de débuter ses livraisons aux pays adhérents progressivement au cours du premier semestre de 2021 malgré les difficultés qu’elle semble rencontrer, puisqu’elle fournira des doses dès le mois en cours.

AstraZeneka : entre 700.000 et 800.000 doses pour fin février
Dans ce cadre, le directrice générale de la PCH a annoncé que sur le lot prévu de 2,2 millions de doses du vaccin AstraZeneca-Oxford devant être livré par Covax au premier semestre, l’Algérie recevra environ 35% vers la fin du mois en cours. «Ce qui représente entre 700.000 et 800.000 doses», a-t-elle révélé, annonçant par la même occasion qu’une rencontre est prévue de se tenir aujourd’hui avec les Chinois à propos de l’acquisition du l’antidote.
Prenant en considération les démarches effectuées avant l’acquisition du vaccin et s’appuyant sur les chiffes reflétant la situation épidémiologique, le ministre de la Santé a résumé : «Nous étions sûrs de commencer la vaccination au premier trimestre de l’année. Et au vu de notre situation épidémiologique, comparativement avec les pays voisins et d’autres, nous ne sommes pas en retard. Nous n’avons pas besoin de nous précipiter», a conclu le Pr Benbouzid sur le chapitre retard dans le lancement de la campagne vaccinale. Il en veut pour preuve la stabilisation de la situation sanitaire, notant une baisse du taux d’occupation des lits Covid au niveau des hôpitaux, une baisse du nombre des malades dans les services de réanimation, ainsi qu’une baisse des cas de décès et une hausse des guérisons qui ont atteint 74.508 malades guéris, soit 68% de l’ensemble des cas confirmés. «Nous avons enregistré des résultats positifs pour notre situation sanitaire grâce à une stratégie que nous avons adoptée et qui a montré son efficacité», a estimé le ministre de la Santé.

Pas d’effets secondaires chez les vaccinés jusqu’à présent
Une stratégie qui a, également, été défendue par le porte-parole du Comité scientifique, Dr Djamel Fourar et par les autres intervenants du secteur dans leurs réponses aux questions des membres de la Commission santé et affaires sociales de l’APN.
Concernant la vaccination, le Pr Benbouzid a, par ailleurs, indiqué qu’une semaine après le début de l’opération de la vaccination avec l’antidote russe Spoutnik V, «il n’a pas été enregistré d’effets secondaires ou autres problèmes chez les personnes vaccinées», ajoutant que le nombre de ces dernières avec des statistiques précises sera rendu public quand la vaccination aura touché un nombre plus important de personnes.
Pour sa part, le Dr Fourar, qui est également directeur de la prévention au ministère de la Santé, a annoncé que la distribution du vaccin d’AstraZeneca-Oxford a été lancée, hier dimanche, au niveau de plusieurs wilayas du pays. Après avoir commencé la distribution dans «20 wilayas la semaine dernière, les 28 autres restantes ont commencé à recevoir leurs premiers quotas dimanche», a indiqué Dr Fourar. La livraison au niveau des wilayas s’effectue suivant «une programmation en fonction des doses reçues, et ce, selon des scénarios préétablis pour garantir une distribution équitable», a-t-il ajouté.
Pour leur part, les autres membres de la délégation se sont relayés pour répondre, chacun dans son domaine de compétence, aux questions des députés, dont celles ayant trait au suivi des personnes vaccinées, à l’efficacité des vaccins actuels sur les nouveaux variants du coronavirus, etc. Pour la vaccination, le Pr Banbouzid a assuré qu’elle va se poursuivre et englobera les autres catégories de la population, progressivement, en suivant les données opérationnelles portées sur la plateforme numérique.
La délégation a donc présenté une sorte de bilan d’étape ainsi que les prévisions concernant la campagne de vaccination, appelant les citoyens à ne pas se départir des mesures de prévention et à aller se faire vacciner. Un appel a également été lancé aux professionnels de la santé, aux médias et autres à s’impliquer en rassurant les citoyens et en les sensibilisant quant aux bienfaits de la vaccination. <