Après la confirmation du premier cas de coronavirus (nom scientifique Covid-19) en Algérie, détecté avant-hier 25 février, une extrême vigilance est recommandée, mais sans pour autant céder à la panique ni verser dans l’alarmisme. C’est en substance le message adressé par les pouvoirs publics à la population, affirmant que toutes les mesures nécessaires ont été prises face à cette nouvelle donne.

Une large campagne d’information et de sensibilisation est mise en branle. Les différents responsables en charge du secteur de la santé ont multiplié les assurances à travers des interventions à la radio et à la télévision et par le biais de communiqués, appelant tous à la vigilance, expliquant comment le coronavirus est arrivé en Algérie et quelles sont les précautions à prendre.
«Il ne faut pas paniquer. Nous sommes dans une situation normale. Nous n’avons pas de foyer autochtone. Il y a un cas isolé et pas de contamination aux alentours. Même s’il y aura un autre cas, il restera bien confiné et pris en charge, donc pas de risque de propagation», a rassuré, hier, le directeur général de la prévention et de la promotion de la santé au ministère de la Santé, Djamel Fourar. Il a ajouté que « nous sommes en pleine épidémie de grippe saisonnière qui a les mêmes symptômes que le coronavirus », d’où, «dans le diagnostic, le séjour dans des zones touchées doit faire la différence entre la grippe saisonnière et le coronavirus».
Le cas confirmé concerne un ressortissant italien venu de Milan à Alger le 17 février, avant de rejoindre le lendemain à Hassi Messaoud, lieu de son travail. Il a été mis en confinement dès confirmation qu’il était atteint. Le ministère de la Santé a, de suite, assuré avoir «renforcé le dispositif de prévention autour du cas confirmé», ainsi que «le dispositif de surveillance et de veille au niveau de tous les points d’entrée».
Les personnes ayant pris le même vol que le cas confirmé pas toutes identifiées
«La problématique c’est de retracer tout l’historique de son voyage depuis l’Italie jusqu’à Ouargla. Nous avons déjà commencé l’opération de repérage des sujets qui ont eu un contact avec ce cas et qui ont un haut risque de contagiosité, il va falloir retracer tout l’itinéraire et voir les passagers qui étaient à bord du même avion. Les contacts d’Alger à Ouargla sont identifiés, pris en charge et mis en confinement. Nous aurons ce matin [hier matin, ndlr] toutes les informations pour circonscrire rapidement ce cas», a indiqué M. Fourar. Il a assuré que «la plupart sont identifiés et pourraient faire l’objet d’un confinement et d’un prélèvement pour confirmer ou infirmer le diagnostic. Tout cas suspect, même sans confirmation, est isolé. Mais si le diagnostic est confirmé, il reste en confinement jusqu’à guérison et un test est fait à l’issue des 14 jours de confinement», a encore expliqué le même responsable. Il a estimé qu’«il n’est pas encore nécessaire de porter un masque» et rassuré sur la disponibilité de ce moyen de protection. « Nous avons des stocks de masques. Nous avons aidé nos amis de la République de Chine avec un lot de masques et de moyens de protection, nous en avons et nous sommes en train de reconstituer le stock parce qu’il faut penser à l’avenir car ce sont des moyens que nous devons avoir tout le temps», a-t-il dit, rappelant qu’une cellule de crise a été mise en place dès le début de l’épidémie en Chine continentale, le 21 janvier dernier, et qu’elle sera renforcée compte tenu de l’évolution de la situation.

Renforcement du contrôle aux frontières
L’Algérie a, par ailleurs, «renforcé les postes de contrôle sanitaire aux frontières. Ils le seront spécifiquement pour les vols venant d’Italie qui est devenue une destination à risque. Nous avons mis sous surveillance ceux venant de Pékin, Dubaï, Istanbul et maintenant l’Italie», a fait savoir M. Fourar, notant qu’il est possible que les vols soient suspendus. «Nous sommes assujettis au règlement sanitaire international qui est un instrument juridique destiné à éviter la propagation internationale des maladies. Jusqu’à présent, l’OMS juge qu’il est inopportun d’adopter des mesures restrictives concernant les voyages et le commerce. Mais nous serons amenés à considérer la situation au jour le jour et, probablement, à réfléchir à d’autres alternatives. La suspension des vols vers certaines destinations est une possibilité», indique-t-il, tout en exhortant les citoyens à reporter leurs voyages dans les pays touchés.
Toujours rassurant, M. Fourar a rappelé que l’ensemble des personnels de la santé savent quelles sont les démarches à suivre et que toute les mesures ont été prévues au niveau des établissements, avec des lits réservés spécifiquement aux cas suspects de coronavirus, et au niveau des aéroports. Notons que le soir-même de l’annonce du premier cas positif de coronavirus, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a instruit le gouvernement et les autorités sanitaires dans le pays à faire preuve de «l’extrême vigilance» et appelé les acteurs concernés à engager une large campagne de sensibilisation en mobilisant tous les moyens de communication pour préserver la santé publique.

Numéro vert et consignes de sécurité
Il faut savoir qu’un numéro vert, le 3030, est mis à la disposition des citoyens dans le cadre du plan de prévention contre le coronavirus (Covid-19) décidé par le ministère de la Santé. Ce numéro permettra aux citoyens de se renseigner sur les dispositions à prendre pour se prémunir contre ce virus.
En outre, le lavage des mains est fortement recommandé comme première précaution à prendre, entre autres mesures préventives, a fait savoir Samia Hamadi, responsable au niveau de la direction de la prévention au ministère de la Santé. Elle a jouté que «le port du masque était inutile pour les personnes en bonne santé, mais est fortement recommandé par les porteurs du virus pour éviter sa propagation».
Pour sa part, le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), Zoubir Harrat a fait savoir que l’institut dispose de quantités nécessaires de réactifs pour effectuer les analyses médicales aussi bien pour la grippe saisonnière que pour le coronavirus. Le chargé du laboratoire grippe et virus respiratoires de l’Institut Pasteur d’Algérie, le Dr Fawzi Derrar, a signalé que «l’humidité et les agglomérations favorisent la propagation du virus et non la température ou le climat sec».
Toutes les mesures nécessaires ont été prises par le pays dès que l’OMS a noté que «l’Egypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud seraient les pays les plus à risques d’importation du coronavirus Covid-19 en Afrique en raison de l’importance des échanges aériens avec les provinces chinoises contaminées et les autres pays où circule le virus. Ces trois pays sont aussi parmi les mieux équipés du continent pour détecter précocement les cas et les prendre en charge». Selon les derniers chiffres rendus publics par l’OMS, qui affirme qu’on assiste à une propagation de l’épidémie au niveau maintenant de près de 40 pays, notamment ceux du bassin méditerranée, le coronavirus a fait déjà 2.698 décès à travers le monde dont 99% ont été déclarés en République de Chine. Il est enregistré 80.134 cas de coronavirus dans le monde dont 97% sont également en Chine.<