Le plan d’actions du gouvernement pourrait être adopté en ce mois d’août. C’est ce que laisse entendre le communiqué de l’Exécutif, rendu public à l’issue du Conseil de gouvernement tenu samedi dernier.
En effet, le Premier ministre, lit-on dans ce communiqué, a demandé aux membres du gouvernement de finaliser la préparation du plan d’action en vue de son adoption en Conseil des ministres. Espérons que cette fois, il ne se résume pas à des généralités, mais à des mesures concrètes avec des objectifs et des résultats facilement observables, un mécanisme de suivi d’application de ces mesures et un échéancier de mise en œuvre de ces décisions. Les opérateurs et experts, contactés par Reporters, insistent, eux, sur le renforcement de la lutte contre la Covid-19, le plan de soutien aux entreprises en difficultés, la préservation du pouvoir d’achat et la décentralisation.
En l’occurrence, Sami Agli, opérateur et président de l’importante organisation patronale privée CAPC, résume ainsi les attentes des entrepreneurs par rapport au contenu du plan d’action : «Nous attendons que soient formalisées dans ce plan les décisions dont les opérateurs ont appelé à leur mise en œuvre depuis plusieurs mois : la lutte contre la bureaucratie, l’accompagnement des opérateurs dans les actes d’exportation et d’investissement, la stabilité du cadre législatif et réglementaire pendant au moins dix ans, la réforme bancaire et financière, un plan de sauvetage des entreprises en direction des PME, en particulier, qui représentent 95% du tissu économique et qui connaissent de graves difficultés (en contexte de crise sanitaire)». Mahrez Aït Belkacem, consultant et membre de Care, synthétise ainsi ces attentes : «Nous attendons des mesures énergiques en matière de renforcement de la lutte contre la Covid, de la généralisation de la vaccination et de la régulation de cette situation insupportable et inadmissible, le manque d’oxygène. Ces mesures doivent mettre fin aux dysfonctionnements constatés en matière d’approvisionnement des hôpitaux et des malades à domicile en oxygène. Nous n’avons pas le droit, en Algérie, de mourir en 2021 de suffocation (manque d’oxygène). Nous attendons également des mesures énergiques en matière de préservation du pouvoir d’achat. L’ONS l’estime à 4%.» L’expert laisse entendre qu’elle est sous-estimée et qu’elle est réellement beaucoup plus importante. La majorité des ménages en cette période de crise sanitaire se retrouvent face à une augmentation beaucoup plus importante de l’inflation, alors que le gouvernement envisage d’abandonner le système de subventions qui risque de faire du mal à l’économie nationale. Mahrez Aït Belkacem considère en ce sens que «sans l’application d’un mécanisme de ciblage des citoyens qui disposent de faiblesw revenus, l’impact social de cette mesure sur les catégories sociales défavorisées sera désastreux. Nous attendons également des mesures énergiques en matière de sauvetage des entreprises. Car les entreprises en difficulté sont de plus en plus nombreuses. La plupart ont, soit arrêté leur activité, soit rencontré de graves difficultés. Dans cette situation, comment peut-on relancer l’économie nationale ? En l’occurrence, nombre de TPE qui représentent un pan important du tissu économique en Algérie travaillent actuellement au noir ou tout simplement ont arrêté leur activité. Il faut donc un plan de soutien pour les entreprises en difficulté.»
Amer Yahia, ancien Directeur central au ministère de l’Industrie, consultant, insiste pour sa part sur la décentralisation. «La première chose est de corriger toutes les erreurs du passé, de corriger les incohérences des différents plans d’action que les gouvernements successifs ont élaborés. Les objectifs du plan d’action doivent être qualitatifs et non quantitatifs. Nous avons besoin d’une économie organisée. Il va falloir mettre en place une véritable coordination entre les différentes institutions. On doit mettre fin, en outre, à une forte centralisation du pouvoir au profit d’une décentralisation à l’échelon régional et local pour impulser le développement local. Les décisions qui ne nécessitent pas l’autorisation des structures centrales doivent se prendre à l’échelon local. Quant à la gestion du secteur public, il faut remettre en confiance le manager d’entreprises publiques. Il faut le libérer dans ses actions économiques. Il doit bénéficier d’une réelle autonomie de gestion, pouvoir prendre des décisions, développer le partenariat avec le secteur privé. Le partenariat public-privé doit commencer par un partenariat entre entreprises publiques algériennes et entreprises privées nationales. La privatisation est une option. Elle doit se faire par étapes. Commençons d’abord par élaguer les entités non rentables de ces entreprises publiques.» K. R.