Un dessin-caricature publié par un confrère la veille de la fête du 1er Mai illustrant les « véritables travailleurs » en Algérie en la personne des Chinois et des Subsahariens résume bien en un clin d’œil sarcastique et caustique une réalité pas du tout valorisante, celle du rapport de l’Algérien au travail.

Une réalité aisément remarquée dans la vie de tous les jours. Qui n’a pas eu la désagréable surprise de se présenter une demi-heure avant la fermeture d’une administration ou d’une unité de production pour trouver portes closes et voir que le personnel a déjà quitté le lieu de travail ? Ou encore de se présenter à huit heures aux portes de ces mêmes administrations et services pour attendre une heure durant pour pouvoir se faire aider. N’a-t-on pas souvent entendu dans des lieux de services publics que l’agent ou l’employé censé nous servir est sorti déjeuner et qu’il n’est pas encore revenu ?
Des situations surréalistes, inacceptables sous d’autres cieux, mais qui semblent faire partie du naturel chez nous tant elles se sont incrustées durablement dans nos mœurs. Est-ce une question d’environnement économique qui favoriserait le moindre effort, ou bien une question de sociologie ? A la veille du mois du Ramadhan, autre période de farniente, la question du travail et de l’effort devrait ainsi également aussi se poser avec acuité. Un comble pour le mois sacré censé être celui du dévouement et du don de soi. Les Algériens s’installent généralement le long d’un mois dans une léthargie qui n’est égalée que par la gloutonnerie et la cupidité des commerçants. On ne le répétera jamais assez, les grandes nations sont devenues ce qu’elles sont grâce à la sacralisation du labeur et à l’importance donnée par les Etats à la notion de travail. Un chemin archi connu, mais qu’on hésite inlassablement à prendre. Pourtant, il est plus qu’évident que sans le travail point de développement, ni d’amélioration de la qualité de vie. On préfère envier les autres au lieu d’en prendre de la graine.