Même si les Algériens montrent des signes d’inquiétude suite aux cas de coronavirus enregistrés ces derniers jours dans le pays quand ils s’expriment sur les réseaux sociaux, ils adoptent cependant une autre attitude dans la réalité et semblent ne pas céder à la panique. Ils intègrent cependant de nouvelles attitudes dans leur comportement quotidien, notamment en multipliant le lavage des mains, comme le recommandent les médecins et les spécialistes.
Une atmosphère ordinaire règne dans le centre-ville d’Alger en ce mardi 3 mars, lendemain des premières chutes de pluie après une disette de près de deux mois. Mais aussi au lendemain de l’annonce de nouveaux cas de coronavirus en Algérie. Les personnes approchées dans les principales rues et autres artères de la capitale se disent plutôt « sereines » en dépit du fait que la propagation du virus à travers le monde constitue une raison d’inquiétude. « C’est vrai que la situation peut faire peur, mais pas au point de paniquer », déclare un quinquagénaire. Les personnes qui portent un masque sont très rares alors qu’une forte demande a été signalée au niveau des pharmacies. Nous nous sommes adressés à une pharmacienne de la place Audin pour savoir si le comportement des Algériens avait changé ces deux derniers jours. « Ce qui a changé, c’est que nous enregistrons une augmentation de la demande des produits d’hygiène tels que les gels », nous répond-elle. « Les Algériens achètent de plus en plus de produits d’hygiène après avoir entendu que le virus est là », nous déclare un autre pharmacien. L’autre demande est celle de la vente et l’usage du masque. Lors de notre virée dans les pharmacies d’Alger Centre, nous avons remarqué que ces dernières ne vendent pas de masques. Un constat qui peut suggérer une pénurie de ce produit. « Les masques ne sont pas disponibles au niveau des pharmacies », affirme un autre pharmacien à la rue Ben M’hidi. Les pharmaciens n’omettent pas de noter que leurs clients ne cessent pas de s’intéresser aux dernières nouvelles sur l’épidémie qui a touché plus de 44 000 personnes et tué plus de 3 000 dans le monde.
Pour ce qui est des dispositifs de respiration recommandés dernièrement par l’OMS, les pharmaciens soulignent qu’ils n’ont reçu aucun matériel. D’autre part, les Algériens soulignent le rôle des médias dans ces moments de crise sanitaire. Certains critiquent le retard et la façon de diffuser les informations et les campagnes de prévention, notamment dans les médias lourds comme la Télévision et la Radio.
« Nous sommes vraiment mal informés. Les spots de prévention ne sont pas à la hauteur. Ils sont mal faits et mal organisés », nous déclare un vendeur de livres à la Grande-Poste, tout en rappelant que « l’information est sacrée et qu’il s’agit d’un droit censé être garanti ». « Le citoyens a le droit à une information juste, correcte, fiable », a-t-il ajouté. De plus, selon lui, il n’y pas assez de vulgarisation de la part des autorités et des médias. « Les médias doivent vulgariser le virus, ses symptômes …», a-t-il demandé.
A noter que nous avons également rencontré des gens qui ne croient pas à l’existence de ce virus. Pour eux, il s’agit d’« une invention humaine de la part des grandes puissances dans le monde à des fins politiques, économiques, démographiques et autres ». De ce fait, il n’y a aucun raison d’avoir peur, suggèrent-ils.