La réponse de Djamel Belmadi, sélectionneur national, a été cinglante. «Que pensez-vous de l’apport du public égyptien qui a soutenu l’Algérie de la première à la dernière minute ce soir contre le Sénégal ?», avait demandé un journaliste local vendredi en conférence de presse d’après-match. Le driver de l’EN a répondu : «Je crois que je vais devoir aller consulter chez l’ORL en rentrant en France parce que ce n’est ni ce que j’ai vu, ni ce que j’ai entendu.» Réplique ironique d’un homme qui excelle en rhétorique.
Certes, dans le Cairo International stadium, il y avait une partie du public qui était pour le Sénégal. Il y avait aussi une autre qui supportait l’EN. Mais, le stade et ceux qui y étaient présents ne représentent pas les Egyptiens en général. Durant tout le séjour au pays des pyramides, on a pu constater la cote de sympathie de l’Algérie auprès de pas mal de personnes avec lesquelles on a pu échanger. Que ce soit dans un taxi, au restaurant, à l’hôtel ou dans les alentours des stades et les travées, les gens n’ont jamais cessé de clamer leur admiration aux « Fennecs » et nous assurer qu’ils vont les encourager. Notamment après que les « Pharaons » ont été éliminés.
Effusion fraternelle
Après le succès d’« El-Khadra » en finale contre le Sénégal, certains supporters Dz ont emprunté les rues cairotes pour défiler et laisser exploser leur joie. La Place Al-Tahrir, sur le pont du Nil, il y avait une folle ambiance. A croire qu’on était dans un des coins d’Algérie. Les chauffeurs de voitures et de motos, qui reconnaissaient les fans algériens à leur maillot, klaxonnaient et faisaient les signes de victoires avec la main. Certains passants scandaient même des « One, two, three ! Viva l’Algérie ! » en guise de sympathie. La fraternité et la convivialité étaient au rendez-vous. « Les Guerriers du Sahara sont une superbe équipe. Dès le début, nous savions que votre équipe pouvait aller loin. Le jeu est très séduisant. Tu sens que le groupe est soudé. Qu’il joue avec une âme. C’est ce qui nous a manqué en Egypte », a admiré un piéton. Quelques encablures plus loin, deux groupes de jeunes se chambrent. Le sujet est bien connu : qui est le meilleur ? Riyad Mahrez ou Mo’ Salah ? A chacun ses arguments, mais en tendant l’oreille, on a cru comprendre que le «Fennec» avait définitivement convaincu les admirateurs du «Pharaon» de Liverpool de son talent. «Dans ce tournoi, Riyad a été meilleur. Il a pu compter sur ses coéquipiers et sur un groupe bien soudé contrairement à Salah trop esseulé en sélection. Il ne pouvait rien faire tout seul hélas », avait-on entendu. Dans les allées, les drapeaux vert – blanc – rouge fleurissaient. On les voyait aux fenêtres des voitures ou sur le dos des passants. Sans constater de provocations ou d’intimidations. Ce qui était inimaginable il y a 10 ans après l’incident du caillassage du bus de notre sélection en match retour des qualifications de la Coupe du Monde. C’est le temps de l’apaisement. C’est l’autre victoire dans ce tournoi.M. T.