L’activité des agences de voyages a été fortement impactée par la crise sanitaire due à l’apparition du nouveau coronavirus depuis plusieurs mois, déplorent les professionnels de ce créneau qui font état d’une «année blanche». Sans saison estivale et sans le mouvement des vacanciers, à l’intérieur du pays comme vers l’étranger, l’activité est restée en rade, regrettent-ils.
C’est ce qu’a exprimé Aflah Hadj Nacer, manager de Zyriab Voyages, à Reporters, évoquant une «forte fragilisation» de l’activité des agences de voyages et des établissements hôteliers par la pandémie. Pour lui, le secteur a été durement frappé par la crise économique engendrée par la Covid-19 bien que le gouvernement a levé les mesures de confinement sur leur activité depuis juin dernier. «C’est une saison blanche pour l’activité touristique. Le secteur des voyages et du tourisme ont essuyé de lourdes pertes financières», déclare, dépité, Aflah Hadj Nacer. Notre interlocuteur estime que les pertes colossales qu’ont subies les agences de voyages durant la période de confinement ne seront pas couvertes ni compensées par la saison estivale qui a commencé hier alors qu’à la mi-août, on est censé vivre les deux dernières semaines des vacances. «Si l’on accueille 30 000 estivants, cela ne suffira pas à couvrir les conséquences désastreuses qu’ont essuyé les agences, sans ressources depuis mars dernier», poursuit notre interlocuteur. «On a coutume de recenser 6 millions d’estivants à chaque saison. Mais cette année exceptionnelle, avec l’érosion du pouvoir d’achat, le citoyen se contente des produits de première nécessité, ce qui se répercute sur le volume de l’activité touristique.»
Rappelant que les agences de tourisme avaient fermé leurs portes le 11 mars dernier suite à un décret présidentiel, renvoyant au chômage forcé tout individu en relation avec l’activité, Aflah Hadj Nacer lance à cet effet un appel d’aide aux autorités compétentes pour atténuer l’impact de la crise sur la profession. Il évoque en particulier la révision des mesures fiscales en exemptant les agences agréées de toutes formes de taxes imposées aux professionnels du secteur du tourisme.
Il y a lieu de rappeler que la Fédération nationale des agences de tourismes (FNAT) a saisi le ministère du Tourisme afin de mettre en place un «plan de sauvetage» et d’accompagner les agences de tourisme et de voyages durant cette période de crise sanitaire et économique. Il s’agit, entre autres, de la révision des mesures fiscales ainsi que l’exonération de toutes les charges sociales relevant de la Cnas et de la Casnos. La FNAT souhaite en effet que les agences de voyages soient «exemptées» des taxes qui leurs sont imposées. Il a été également demandé d’octroyer des subventions compensatoires aux agences de tourisme afin de pouvoir payer leur loyer et garder leurs employés. La FNAT a par ailleurs sollicité l’extension des délais de remboursement des prêts bancaires accordés aux agences de voyages en supprimant la taxe résultant du retard de paiement, compte tenu des circonstances exceptionnelles que traverse le secteur.