La situation désastreuse dans laquelle se retrouve, aujourd’hui, la Libye n’est pas le résultat d’un coup du sort. C’est bien les conséquences de décisions politiques et militaires prises dans les capitales occidentales. En 2011, l’intervention de l’Otan a fait chuter le régime de Kadhafi et ce qui faisait office d’Etat. Les puissances occidentales, qui jouent le rôle de gendarme du monde, sont aujourd’hui face à leur « œuvre » en Libye. Une situation d’instabilité chronique et le risque de partition d’un pays vaste et riche en hydrocarbures. Une richesse qui semble être devenue une véritable malédiction pour le peuple libyen. Ce dernier, qui attend toujours cette «nouvelle Libye» post-Kadhafi, où il ferait bon vivre, selon les promesses de Paris, Londres et Washington. Il ne s’agit nullement de faire dans la nostalgie envers le régime autoritaire de Kadhafi mais force est de constater que, durant la Jamahiriya libyenne, ce pays était stable et sa population vivait dans l’opulence. C’était aux Libyens de faire évoluer leur pays et d’imposer des réformes politiques en rapport avec la sociologie locale. Kadhafi, qui s’apprêtait à léguer le pouvoir à ses enfants, aurait tôt ou tard été obligé de composer avec la volonté de changement populaire. L’interventionnisme des puissances dans des pays en difficulté n’a jamais permis un passage vers une réalité meilleure.
Après l’intervention des armées, ces pays entrent dans des phases d’instabilité chronique, voire basculent dans des guerres civiles irréversibles. Aujourd’hui, la Libye constitue une véritable menace pour toute la région. Et pas seulement pour les pays du sud de la Méditerranée.
La boîte de Pandore ouverte par la décision des membres de l’Otan pourrait à termes emporter tout sur son passage. Et les nouveaux interventionnistes en présence semblent parés à continuer le job. Une guerre fratricide Est-Ouest, une partition du pays, une grande présence de terroristes venant de Syrie… les menaces ne manquent pas. Sans parler des risques migratoires
qui semblent plus inquiéter l’Europe citadelle que le sort des Libyens
qui se demandent comment leur pays a irrémédiablement basculé dans l’inextricable.