Le Mouloudia d’Oran version 2020/2021 force le respect. La jeune équipe drivée par le duo Belatoui-Madoui, avec l’ex-portier des verts Réda Açimi, comme entraîneurs des gardiens, a commencé le championnat de Ligue 1 avec une série de matchs sans défaite. Au bout de 14 journées, le MCO garde le rythme et se positionne à 3 points du leader. Pour la galerie hamraouie, cela fait des années que le niveau de l’équipe phare de l’Ouest n’a pas connu une telle stabilité sur le terrain, et cela, en dépit des éternelles crises internes qui n’en finissent pas entre les actionnaires de la SSPA.

D’Oran, Jalil M.
Toujours administrativement, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a accordé un ultimatum de 15 jours au club pour compléter les dossiers pour l’octroi de licence de club professionnel (LCP) sous peine de se voir infliger les sanctions disciplinaires prévues dans les règlements généraux. De leur côté, les joueurs, qui sont en train de créer la surprise en outsiders, souffrent financièrement de la situation du club. A plusieurs reprises, ils sont entrés en grève pour réclamer leurs salaires qui tardent à être versés. Le président de l’équipe Tayeb Mehiaoui tente de prendre les choses en main et reconstruire l’équipe, des ambitions qui risquent d’être dissipées par la réalité du terrain.

L’esprit de groupe surpasse les problèmes internes
Les prestations du Mouloudia oranais, qui regorge de jeunes joueurs talentueux, sont le résultat d’un Mercato estival que l’administration du MCO a bien étudié. Il faut dire que sur le papier, cette équipe semble ordinaire, mais d’une journée à l’autre, le vrai visage a été montré avec surtout une grande combativité et du travail sur le terrain. Un esprit de groupe qui a fait douter les grosses cylindrées de la Ligue 1 et une solidarité entre les joueurs qu’on voyait rarement ces dernières années. En témoigne, le geste des coéquipiers de Masmoudi qui, après avoir inscrit un but, ont adressé un salut au gardien Limane, blessé et éloigné des terrains pendant une longue période.
Jamais les supporters hamraouis n’ont été aussi unanimes que cette équipe-là, sans stars, peut aller jusqu’au bout du rêve et se hisser sur le toit du football algérien après deux décennies de disette. D’autres estiment, en revanche, qu’il est trop tôt pour parler de titre, alors qu’on n’a même pas atteint la moitié de la saison, appelant à laisser cette équipe tranquille, pour la mettre dans des conditions idéales pour travailler sereinement. L’administration et les actionnaires surtout sont appelés à mettre leurs différends de côté pour le bien du MCO.

Belloumi junior, l’incarnation de l’avenir du Mouloudia
Si toute l’équipe se donne à fond sur le terrain, et chaque élément mouille le maillot dans son poste, un joueur dont le nom est mondialement connu, fait parler de lui. C’est le prodige Bachir Belloumi, fils du maestro du football algérien Lakhdar. Du haut de ses 18 ans, le jeune Bachir a tapé dans l’œil des amateurs du beau football, d’ailleurs ses prestations avec l’équipe nationale Espoir et dernièrement avec le MCO font le tour des réseaux sociaux. En dépit des quelques minutes jouées cette saison, Belloumi Junior, comme le surnomment désormais les supporters hamraouis, a su se distinguer, augurant ainsi une carrière aussi riche que celle de son père. Il incarne ainsi l’avenir de l’équipe et se place parmi les joueurs de l’école du Mouloudia et d’Oran en général, qui continuent malgré les difficultés à alimenter le foot algérien avec des pépites pétries de qualité.

Le wali d’Oran à la rescousse ?
Dans la foulée de ces bons résultats, les yeux sont braqués sur les responsables locaux, à leur tête, le wali Messaoud Djari, appelé à voler au secours du Mouloudia. Sur Facebook, des messages lui sont adressés afin de concrétiser les promesses d’aides données aux joueurs, au staff et au président de l’équipe afin de pouvoir continuer sur cette bonne lancée. Il faut dire que si le MCO va, c’est toute la wilaya qui va, puisque ces dernières années, les défaites du MCO à domicile étaient souvent suivies par des actes de vandalisme. De plus, le « Hirak » des hamraouas contre les actionnaires était également tenu au centre-ville et devant le siège de la wilaya afin d’attirer l’attention du wali sur la situation du club, qui reste toujours à la recherche de l’issue de secours pour sortir de cette crise. Une sortie conditionnée par le rachat de la majorité des actions de la SSPA par une société étatique, une transaction qui tarde à se concrétiser à cause des fameux bilans financiers des mandats précédents.