Samedi, Manchester City a raté son rendez-vous avec l’histoire. Les « Citizens » ont perdu une finale de Ligue des Champions qu’ils ont « bradée » footballistiquement. Une défaite contre Chelsea (0-1) à imputer, en grande partie, à l’entraîneur Pep Guardiola qui s’est gouré tactiquement. La presse européenne l’a d’ailleurs désigné en coupable unanimement. Le technicien catalan a été rattrapé par la tendance de l’expérimentation et ses vieux démons au plus crucial des moments. Lecture.

Par Mohamed Touileb
Rien n’a marché. Parce que le plan initial semblait être voué à l’échec. Guardiola a trop philosophé et son rêve de remporter une troisième C1 s’est évaporé. Tout comme celui des « Skyblues » qui ont caressé la couronne européenne du bout des doigts sans pouvoir se l’adjuger.
Pourtant, les Mancuniens avaient, sur le papier, de sacrés atouts pour être consacrés. Mais Pep a tout gâché. Sur un coup de tête en voulant tenter ce qu’il croyait être un coup de génie. Un schéma qui n’était finalement qu’un pur délire. De la folie contre un adversaire de qualité qu’est le très discipliné et compact Chelsea.

« L’insouciance ridicule »
Auparavant, l’ancien entraîneur du FC Barcelone était revenu aux bases et son équipe tournait bien. La preuve: il a pu évincer le Paris Saint-Germain en demies pour postuler à la finale face aux « Blues » en jouant avec une sentinelle et sans Raheem Sterling devenu un sacré poids ces derniers mois. Vient alors cette empoignade ultime pour s’adjuger la coupe aux grandes oreilles et le dispositif sans sentinelle pour lequel il a opté.
En Angleterre, les médias ont descendu l’ancien milieu de terrain du Barça en flammes. Pour The Mirror, « son étrange expérience s’est déroulée horriblement, terriblement mal. C’était une grave erreur de jugement… avec des hommes clés de City comme De Bruyne hors de position. Le Catalan est à blâmer pour la déception de la finale ». Quant au Daily Mail, il a tout simplement jugé que « commencer sans Fernandinho ou Rodri semblait extrêmement imprudent, et le onze a touché l’insouciance ridicule » alors que The Sun a jugé que « l’entraîneur a trouvé une nouvelle façon de perdre, de sonder de nouvelles profondeurs de frustration ».

Il est mort avec ses idées
Habituellement, on attribue le génie à Pep. Cette fois, il est désigné comme le coupable d’une déroute qui lui restera certainement en travers de la gorge pendant un bon bout de temps. Surtout quand on sait qu’il a mis 10 ans pour se retrouver à ce niveau de la compétition. « On doit apprendre de cette défaite, on doit apprendre pour le futur. Mais cette saison a été exceptionnelle. Immense respect aux joueurs. Ils ont tout tenté, tout donné sur le terrain. Malheureusement, nous n’avons pas pu gagner. Mais on va revenir encore plus fort », a-t-il réagi après la défaite infligée par les « Blues ».
C’était limite de l’autodérision pour un homme qui a fait preuve d’un certain entêtement. Lui qui n’a pas voulu rectifier son dispositif à la mi-temps. Un péché d’orgueil qui a été fatal à celui qui dit avoir « fait la meilleure composition. Que ce soit contre Lyon, le PSG ou Dortmund, j’ai tenté d’avoir le meilleur onze pour remporter le match. Les joueurs le savent. Je pense que Gündogan (aligné devant la défense à la place de Rodri et de Fernandinho, ndlr) a bien joué, et nous avons été exceptionnels.» C’est clair, Guardiola est du genre à mourir avec ses idées. Une remise en question sera nécessaire pour soigner sa cote après cette grosse désillusion.