Le sélectionneur national, Djamel Belmadi, a animé, hier au Centre technique national (CTN) de Sidi Moussa, la conférence de presse d’avant-match du Djibouti. Lors de son face à face avec les journalistes, le driver de l’EN a évoqué nombreux points sans ambages en se montrant parfois laconique et d’autres prolixe. Le tout, avec sa désormais habituelle lucidité. Extraits.

Par Mohamed Touileb
Pour commencer, le coach des «Verts» a tenu à (re)-présenter (il l’a déjà via un communiqué publié par la FAF) ses condoléances à l’endroit des familles des deux figures emblématiques de l’équipe nationale et de l’équipe du FLN, messieurs Cerbah et Soukane, qu’il qualifie de « vaillants prédécesseurs». «Que dieu inspire la foi à leurs familles. Monsieur Cerbah, je l’ai connu au Qatar. Il était d’un professionnalisme incontesté. Il est rare d’avoir ce genre de personnes. C’est un plaisir d’avoir rencontré cette légende du foot algérien. Ces vaillants hommes qui nous ont inspirés quant à l’amour de notre pays. J’ai du respect pour cette équipe du FLN qui a pu apporter et déplacer le combat qui était le nôtre», a-t-il invoqué.

Egypte, terre de «bons souvenirs»
Par la suite, l’entraîneur des «Fennecs» est entré dans le vif du sujet. Pour préparer les deux matchs contre le Djibouti (12 novembre) et le Burkina Faso (16 novembre) dans le cadre des éliminatoires du Mondial 2022, Belmadi a choisi de faire un mini-stage en Egypte où il affrontera les Djiboutiens. Un pays que lui et ses poulains connaissent parfaitement pour y avoir conquis la couronne africaine en juillet 2019.
«On a de beaux souvenirs là-bas. On va s’y rendre avec un énorme plaisir. On a pris le même hôtel. Autant faire les choses bien comme il le faut. Les joueurs sont heureux de faire ce déplacement. Ça sera un petit stage pour préparer ces deux matchs-là. Terrain en très bon état», a-t-il reconnu. En outre, le successeur de Rabah Madjer relève qu’ «on a fait en sorte de partir tôt au Caire direct pour récupérer et éviter un voyage qui prend presque une journée. On ralliera Alger tout de suite après le match face au Djibouti. Il y aura une gestion des états de forme des uns et des autres pour être en forme pour le dernier match».
Pour la première sortie, prévue dans 4 jours, Belmadi indique qu’elle sera abordée avec «le sérieux et l’envie de faire le boulot bien comme il le faut. Au-delà du résultat, qui est le plus important, il y a plusieurs autres choses puisque c’est une préparation pour le dernier match où il y a beaucoup de choses à faire. Des joueurs qui ont des cartons jaunes, d’autres qui sont en manque de compétitions ou qui n’ont pas joué depuis trop longtemps. Il faut qu’il reste sous compétition parce qu’une semaine d’arrêt c’est trop.»

La réponse limpide aux «complots»
L’allusion est faite pour Belaïli et Bounedjah dont le championnat qatari a été arrêté ce week-end en prévision de la Coupe arabe FIFA 2021 au Qatar. Comprenez donc qu’ils auront du temps de jeu pour l’empoignade contre le Djibouti. Par ailleurs, il y a 4 joueurs qui sont sous le coup d’une suspension. Un paramètre «à gérer» comme l’indique le conférencier.
Aussi, il y a l’éventuelle finale du groupe entre l’Algérie et le Burkina Faso qui commence à faire couler beaucoup d’encre et provoquer des agitations côté burkinabé. À ce sujet, il estime que «le mot complot je vous laisse le soin de la prononcer. Je me concentre uniquement sur mon travail. Il y a des gens qui font leur travail. Chacun fait son travail et défend sa sélection. Moi je défends l’EN en travaillant sur le terrain. Comme vous, je vois ce qui se passe. Le plus important c’est de faire attention à tout ça. C’est l’Afrique, il y a des choses qui se passent en dehors du terrain qui ne sont pas noble. Nous on se concentre sur les matchs».

«Pour moi, le match commence sur le terrain»
Aussi, c’est un Belmadi pragmatique qui a, encore une fois, mené sa plaidoirie avec une pertinence qu’on lui a toujours connue. Interrogé sur sa tendance tactique pour les matchs de novembre, il répliquera : «Je regarde beaucoup de sélectionneurs qui s’excitent devant le micro en conférence de presse. Pour certains, le match commence derrière un micro. Mais, pour moi, ça commence sur le terrain. Je ne vois pas où est l’intérêt de donner certaines indications. Ce genre d’informations, je ne veux pas les donner. Il faut respecter et prendre au sérieux toutes les équipes nationales».
L’ancien international algérien a insisté sur le fait qu’il ne dise «jamais d’un match qu’il est amical mais des matchs de préparation. Donc imaginez quand il s’agit de la Coupe d’Afrique. L’objectif principal reste la qualif’ pour la Coupe du Monde et on est en plein dedans. Mais ce n’est pas parce qu’on vise ça qu’on zappera la CAN qui reste une compétition d’un très haut niveau». Cette déclaration est intervenue après une question sur l’objectif d’ «El-Khadra» lors de la CAN camerounaise. La mentalité de conquérants ne risque donc pas de changer.

«Chacun défend son bifteck»
Pour la messe africaine, les joueurs seront libres de rejoindre leurs sélections à compter du 27 décembre. Sachant que cette date coïncidera avec la période du «Boxing Day» en Angleterre, cela pourrait retarder l’arrivée de Mahrez et Benrahma qui jouent pour West Ham et Manchester City dans l’ordre. Mais cela devra se faire avec l’aval de la Fédération algérienne de football (FAF) si jamais les clubs la solliciteraient comme Liverpool compte le faire avec Mané, Salah et Keita.
Pas de parti pris pour Belmadi qui relève, à juste-titre, que «chacun défend son bifteck. Quand Klopp perd Salah, Mané et Keita c’est peut-être un championnat qui part. Quand tu joues 100% des matchs avec Salah et Mané, ça pose problème quand ils ne sont pas là», non sans indiquer que «ce qui pose problème, c’est la période hivernale. C’est ça le gros souci. C’est le prix à payer. Sans les Mahrez, Salah, Mané, Aubameyang, la CAN devient un CHAN».

Un intérêt certain pour Zedadka
Pour revenir à la liste de novembre qui compte 25 éléments, on a pu constater qu’Akim Zedadka n’a toujours pas eu l’opportunité de venir en sélection. Le sociétaire de Clermont est, toutefois, sous la loupe par le staff de l’équipe nationale.
«C’est un joueur qu’on suit depuis la deuxième division. Il a des caractéristiques appréciables. Son entraîneur ne le fait pas jouer pour ses beaux yeux. Si je ne le prends pas c’est qu’il y a des choses qui me dérangent. J’ai parlé avec son agent. On voit une certaine progression de ce que je recherche moi. Qu’il continue comme ça. Il aura sûrement sa chance prochainement s’il continue à progresser», assure le technicien de 45 ans. <

Belmadi a dit
Sur des choix contestés dans la liste de novembre :
«Chacun à ses vues et sa manière de voir le football… de loin. On va vite en besogne en estimant qu’il n’y a pas de nouveautés. Quand tu n’es pas performant tu sors. Quand tu n’es pas performant, tu restes. Il n’y a que des attentes. On est dans un objectif de performance. Je ne suis pas là pour construire jusqu’à 2030. Il y a beaucoup de considérations. La perpétuelle recherche de la progression et de l’excellence est là. Tout ça est pris en compte. À partir de là, on prend des décisions. Et à partir du moment où l’on est convaincu et que les résultats suivent derrière ça, on continue».
nSur le retour des supporters à Blida pour le Burkina : «On remercie les pouvoirs publics pour avoir accepté d’ouvrir le stade au public. Je souhaite que tout se passe bien dans les gradins en vue d’un éventuel match décisif en mars. On doit respecter les nations. Que tout le monde se comporte bien. Il faut se montrer bon élève».

Sur les performances de Mahrez en club:
«C’est des chiffres qui ne mentent pas comme dit Mahrez. Il aime bien les statistiques. C’est la preuve que c’est un compétiteur. On connaît tous son talent et ses capacités à faire la différence. Il est dans une très grosse équipe. Il est frustré quand il ne joue pas. Il a la particularité de pouvoir faire basculer le match à tout moment. Même quand il donne l’impression de ne pas être dans le match. Il arrive toujours avec beaucoup d’envie. Il joue au minimum un match par semaine, c’est déjà pas mal».
Sur le football local : «Il faut professionnaliser à minima à tous les niveaux. Il y a tellement de problèmes qu’il faut prendre en considération, les analyser et comparer ça à ce qui se fait ailleurs. On a tellement laissé le foot à l’abandon avec des solutions à très court terme. C’est sur le fond qu’il faut tout revoir. La COVID a mis en évidence la grosse problématique du foot algérien. Il faut bien diagnostiquer puis chercher des solutions».
Sur la pelouse de Tchaker : «je dis les choses une fois après il y a des gens qui doivent s’en occuper. Il me semble que les choses s’améliorent et qu’on aura une pelouse de qualité. Je n’y vais plus avant les matchs. Ça ne sert plus à rien».