Propos recueillis par Leila ZAIMI
Reporters : Vous avez prévu plusieurs activités pour faire connaître aux Algériens le musicien de renommée mondiale Bohuslav Martinu. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
Lenka Pokorna: Bohuslav Martinu est quelqu’un qui a porté la musique tchèque, à l’époque des années 1930, 40 et 50 à l’universalité. Il a été et il restera l’ambassadeur de l’art musical tchèque. Il a composé plusieurs œuvres musicales, entre autres, « Juliette ». C’était l’auteur, par excellence, du folklore et des traditions de notre société. Il a écrit beaucoup de textes pour l’opéra. Il a fait un ballet qui s’appelle « Špalíček » qui est d’ailleurs au programme. Il s’agit d’un recueil d’histoires, un mélange assez particulier sur le changement des saisons et l’arrivée du printemps.
Bohuslav Martinu se focalisait dans son art sur les traductions. En même temps, il porte un esprit très moderne. Il a une touche très contemporaine. Donc, il appartient au monde moderne également. Il a beaucoup écrit pour les interprétations de violon.

Est-ce un auteur très écouté en République tchèque ?
Oui, effectivement. Il fait partie des auteurs musicaux les plus écoutés encore aujourd’hui. La musique de Martinu est assez jouée dans les institutions musicales par ceux qui aiment la musique classique, notre auteur est très considéré.

Et qu’en est-il de la musique classique en République tchèque ?
La musique classique occupe une très grande place dans mon pays. Les Tchèques adorent la musique classique. La capitale Prague, qui compte plus d’un million d’habitants, a trois grands théâtres d’opéra. Dans la même soirée, plusieurs évènements culturels sont au rendez-vous.

Quel est le but d’organiser un tel évènement en Algérie ?
Les objectifs sont multiples. D’abord, nous profitons de la Fête de musique qu’organise l’Union Européenne ici en Algérie. Et puis, il n’y a pas que la culture française, tchèque ou allemande… Il est difficile maintenant de savoir quel auteur appartient à telle ou telle culture.
En organisant cet évènement, je voudrais présenter au public algérien un auteur musical méconnu. Nous voudrions le mettre dans un contexte historique un peu précis. Aujourd’hui, au CCF, comme vous avez dû le remarquer, nous avons exposé plusieurs tableaux qui montrent au public l’art de Martinu. Nous avons également prévu un groupe musical qui joue la musique de l’un des fondateurs de la musique moderne.
J’apporte à la connaissance du public que nous préparons également un vernissage, qui aura lieu le mercredi 7 juillet, à 18H, au Centre culturel français d’Alger. Nous allons présenter et exposer notre culture.

Madame Pokorna, vous êtes en Algérie depuis trois ans, quelle est votre appréciation ?
En effet, cela fait trois ans que je suis ambassadrice et que je représente mon pays ici en Algérie. Je crois que l’Algérie a un long chemin à faire. Un chemin à faire sur tous les plans. Il faut changer beaucoup de choses. Une chose que personne ne peut nier, c’est que vous avez énormément de potentiel. Par exemple, j’ai découvert dernièrement les ruines romaines, je savais que les Romains ont laissé des ruines mais je n’imaginais pas que l’Algérie était aussi riche en héritage romain. Malheureusement, cette culture n’occupe pas la place qu’elle mérite.