Le Président de la République pourrait légiférer par ordonnance ou convoquer une session extraordinaire de l’APN au cours du mois de juillet ou d’août prochains.

Par Khaled Remouche
C’est un saut dans l’inconnu que semblent ouvrir les élections législatives organisées ce 12 juin. En effet, une fois confirmés, les résultats du scrutin, un délai de quinze jours est fixé constitutionnellement pour que le nouveau Parlement entre en fonction. Cette échéance correspond à la vacance parlementaire. Suivant ce scénario, deux options se présentent, alors pour le Président de la République suivant la nouvelle Constitution : légiférer par ordonnance ou convoquer une session extraordinaire de l’APN au cours de l’été prochain. L’autre inconnue se rapporte à la configuration du prochain gouvernement. Une fois les résultats publiés officiellement, on saura si c’est un chef de gouvernement ou un Premier ministre qui sera désigné.
Si une majorité parlementaire se dégage, ce sera un chef de gouvernement issu de cette majorité qui sera désigné par le Président de la République. Si, en revanche, cette majorité ne sera pas établie, ce sera un Premier ministre qui sera désigné.
Dans le premier cas de figure, le chef de gouvernement aura un mois pour constituer un nouveau gouvernement suivant la nouvelle Constitution. Le plan d’action de ce gouvernement ne sera alors adopté par l’APN qu’au cours de la session d’automne qui sera ouverte constitutionnellement en septembre prochain. Dans le second cas, le Président de la République aura une plus grande latitude pour désigner un Premier ministre qui, lui aussi, proposera au chef de l’Etat ses ministres et devra concocter un plan d’action.
La tendance en Algérie montre qu’entre la désignation d’un Premier ministre, la nomination d’un gouvernement et l’élaboration d’un plan d’action s’écoule au moins deux mois. Ce qui veut dire que d’ici septembre prochain, on s’achemine vraisemblablement vers une gestion des affaires courantes. Dans un contexte où l’on joue contre la montre pour le redressement de l’économie nationale, il s’agit de ne pas occulter, à la suite de remarques d’analystes, que cette mention de majorité présidentielle pose problème. Elle était opérationnelle sous la Présidence d’Abdelaziz Bouteflika quand il y avait pour lui une «alliance présidentielle» dominante, elle semble beaucoup moins évidente, alors que se profile un suffrage fortement contrasté, voire atomisé.
Toujours par rapport au contexte économique actuel, la question importante est quel arc parlementaire et quel gouvernement pour les réformes en attente et les réponses et les arbitrages à fournir face à des milieux économiques sortis exsangues de la crise sanitaire et des acteurs socioprofessionnels, dont les revendications sont plus que jamais pugnaces. Autant d’interrogations, alors que le taux d’abstention important enregistré préfigure une législature similaire à la précédente, marquée par l’inefficacité de ses réponses face à l’urgence de la conjoncture. Pourvu qu’on soit dans l’erreur.<