Un point de pris sur 9, une série d’invincibilité arrêtée et un petit but marqué, rien n’a bien tourné pour l’équipe nationale lors de la CAN-2021 au Cameroun. Un petit tour et la porte de sortie pour un champion d’Afrique qui n’a jamais pu afficher son visage habituel. Néanmoins, au-delà de la défaillance footballistique, d’autres paramètres sont venus plomber les performances des «Verts». Analyse.Par Mohamed Touileb
Les mots sont forts comme le bruit de la chute. Djamel Belmadi, sélectionneur national, évoque «un échec total». Pour lui, la déroute (3-1) face à la Côte d’Ivoire, qui a acté la fin prématurée de l’aventure africaine, reflétait ce qui n’a pas marché pour son commando lors de la CAN-2021. «La Côte d’Ivoire s’est montrée meilleure que nous ce soir (jeudi). Ils ont été efficaces et ont tout donné. C’est ce qui nous a manqué sur cette CAN», estime-t-il.

Préparation perturbée, pelouse dégradée
Toutefois, le coach pense qu’«il est trop tôt pour expliquer comment utiliser cet échec pour se relever. Les barrages arriveront vite. J’ai bien sûr une idée sur ce qui n’a pas marché. Beaucoup de choses mais il est trop tôt pour en parler. On est dans le doute. Il va falloir analyser cela et se remettre dans le barrage de mars. Une Coupe du Monde, ce n’est pas rien.» Si sur le plan purement footballistique, il y a une dissection à faire pour corriger les dérèglements. Mais il faut dire qu’il y avait certains paramètres qui ont plombé le jeu des «Fennecs». Notamment la qualité de la pelouse qui n’a guère permis aux camarades de Riyad Mahrez, passé complètement à côté, de pouvoir faire la différence sur le plan technique. La pelouse du stade de Japoma était d’une piètre qualité. Cela n’explique pas complètement le mauvais rendement. Mais c’était un facteur qui a pesé. Aussi, on peut évoquer une période de préparation extrêmement courte et perturbée par le facteur sanitaire. En effet, l’EN a dû se contenter d’un seul match de préparation contre le Ghana. Un succès 3 buts à 0 en trompe-l’œil qui a laissé croire qu’ «El-Khadra» était prête pour défendre son titre. Avant cela, il y a eu la répétition annulée avec la Gambie en raison d’une contamination massive à la COVID-19 chez les «Scorpions».

Le tournoi pris par le mauvais bout
Devoir se passer de ce test a, avec du recul, empêché note sélection de se découvrir certaines lacunes ayant ressurgi lors des sorties contre la Sierra Leone et la Guinée équatoriale dans le tournoi. D’autant plus que les Gambiens ont montré beaucoup de qualité, réussissant même à se hisser en huitièmes pour leur première participation au rendez-vous continental. Ils ont récolté 7 points (différence +2) sur 9 terminant devant la Tunisie et derrière le Mali (7 points/+3) à cause d’un goal-average moins bon.
Sur le plan psychologique, il y a aussi eu cette pression accentuée en raison de l’entame ratée. D’emblée, les «Guerriers du Désert» ont calé face aux Sierra-Léonais. Et cela les a mis dans le doute comme l’avait reconnu Bemadi. Par la suite, la Guinée équatoriale les a enfoncés avec ce revers aussi inattendu que préjudiciable et qui a mis fin à une série d’invincibilité de 35 rencontres. Youcef Belaïli & cie ne s’en remettront pas. Ils s’écrouleront même lourdement contre des Ivoiriens impitoyables dans la rencontre de la dernière chance. Lors de ce match, on a pu se rendre compte que les champions d’Afrique en titre étaient atteints psychologiquement. Au point de tomber dans la précipitation et partir à l’abordage jusqu’à précipiter le sabordage. Quand on ajoute à ces éléments la forme affichée par certains joueurs qui ont l’habitude de peser grandement dans les résultats techniques comme les Mahrez, Belaïli et Bounedjah, la situation ne peut que se gâter. En outre, on a ressenti une certaine réticence chez le chef de la barre technique à recourir aux alternatives pour stimuler la production. Une approche managériale qui ne risquait que faire perdurer les blocages. C’est ce qui s’est malheureusement produit.
Pas d’attaque
Parfois, Belmadi n’avait pas de substituts fiables comme c’est le cas pour Ounas qui n’a pas pu prendre part au moindre match.
C’était en raison d’une contamination au Coronavirus assez sévère qui a fait qu’il n’ait pas eu le feu vert de la CAF pour pouvoir jouer. La pandémie aura grandement perturbé les plans de l’EN pour ce qui est des solutions de rechange. D’ailleurs, Zerrouki, titulaire habituel au poste de sentinelle, a dû faire l’impasse sur les deux premières sorties avant de jouer le match III contre les Ivoiriens.
Quand on doit se passer d’un élément dans un secteur de jeu aussi sensible pour l’équilibre, cela peut complètement plomber le coulissement du bloc. C’est ce qui s’est malheureusement passé. Le retour du pensionnaire du FC Twente (Eredivisie/Pays-Bas) était tardif. D’autant plus que, sur le plan physique, il n’a pas semblé au top.
La défaillance athlétique était aussi ressenti chez Bounedjah qui a confirmé que son flaire de buteur a subi un gros rhume. Il a enchaîné 7 rencontres sans trouver la faille.
Une éternité pour un attaquant. La stérilité n’a fait que précipiter la déroute dans cette épreuve au pays des «Lions Indomptables». La seule réalisation de l’Algérie dans cette compétition était l’œuvre d’un milieu de terrain: Sofiane Bendebka en l’occurrence.
Et ce dernier était remplaçant comme pour dire que Belmadi aurait pu trouver le salut sur le banc. Qu’à cela ne tienne, avec un pion en 270 minutes jouées, on était loin de la moyenne de 2.3 buts/match affichée avant d’entamer la campagne.
La somme de tous ces vents défavorables ont fait que les Algériens n’arrivent jamais à bon port. n