Il aura fallu considérer la donne. Et ce, même si l’équipe nationale, arrivée hier en début d’après-midi à Marrakech, a été parfaitement reçue par des représentants de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Djamel Belmadi, en connaissance du contexte politique tendu entre l’Algérie et le Maroc, a opté pour un déplacement tardif chez les voisins. Ainsi, il a décidé que l’arrivée sur les lieux se fasse à 24h avant la partie. Une démarche murement réfléchie qui en dit long sur la maturité et la sagesse du personnage.

Par Mohamed Touileb
D’aucuns savent que le sélectionneur national ne laisse rien au hasard. Il sait quand responsabiliser les joueurs et quand les protéger. Mercredi dernier, en conférence de presse, il avait évoqué le déplacement au Maroc pour donner la réplique au Burkina Faso. En connaissance de tous les paramètres diplomatico-politiques qui entourent le match, il a tâché de soigner sa com’ à ce sujet. Aussi, il a choisi de s’y rendre la veille du match. Et c’est loin d’être anodin.
«Normalement on aura une meilleure pelouse à Marrakech. Le déplacement d’une heure n’est pas à négliger au niveau de la récupération. On va jouer au Maroc. Est-ce un problème ? Normalement, ce n’est pas censé l’être. On y va sans paranoïa excessive», c’est avec ces mots que le driver de l’EN a évoqué le rendez-vous face aux Burkinabés en terres voisines.

Plus une précaution que de la suspicion
Clairement, il ne veut pas que ses joueurs pensent que l’atmosphère sera empoisonnée au Royaume chérifien. Et ce, malgré les relations qui sont tendues entre l’Algérie et le Maroc ces deniers temps.
Notamment après la décision des autorités Dz de rompre les relations diplomatiques avec le pays de Mohamed VI.
Pour éviter d’exposer son groupe à la pression ou à des pratiques perturbantes lors d’un long séjour, Belmadi a décidé de se rendre sur place 24 heures avant la rencontre seulement. Le coach des «Verts» sait que, lois FIFA obligent, personne ne pourra l’empêcher de s’entraîner sur la pelouse du Grand stade de Marrakech le créneau étant assuré par la réglementation et ne dépendant du bon-vouloir de personne.

À l’abri de la perturbation
Probablement, le driver d’«El-Khadra» a pris cette décision après ce qui était arrivé aux émissaires de la Fédération algérienne de football (FAF) qui devaient se rendre au Maroc pour préparer le séjour. Ces derniers ont été informés qu’ils devaient se soumettre à un confinement de 5 jours minimum à leur arrivée sur place avant de pouvoir faire les démarches administratives liées à l’hébergement des «Fennecs» durant leur présence sur le sol marocain.
Par conséquent, Belmadi veut tenir Riyad Mahrez & cie à l’abri de tout élément perturbateur. En tout cas, de la sorte, il minimise le risque de voir leur concentration pour cette sortie cruciale parasitée. Et puis, comme le premier responsable de la barre technique l’a si bien dit «on va faire un match chez le pays voisin, inchallah il va nous accueillir comme il se doit.» Pragmatique.