Le plus important, ce sont les trois points. C’est la devise principale dans le football. On ne peut pas bien jouer et gagner à tous les coups. Parfois, on peut même être séduisant dans le contenu et déçu du résultat final. Ainsi, dans les matchs qui comptent, seule la victoire est importante car elle permet de durer et avoir le temps de gommer les imperfections et les corriger. En s’imposant 3 buts à 1 pour la réception du Zimbabwe jeudi, l’équipe nationale a réalisé l’essentiel. Toutefois, les Verts, qui sont arrivés à Harare vendredi tard dans la nuit, abordent la seconde manche contre les Warriors, programmée demain (14h), avec quelques appréhensions.

Oui, l’équipe nationale n’a pas été flamboyante contre le Zimbabwe. Oui, il y a eu des largesses et des situations dangereuses pour l’adversaire. Mais, au final, les Fennecs, se sont imposés. Assez largement (3-1) au stade 5 juillet 1962 (Alger). Même dans un soir sans, l’EN a pu empocher 3 points et claquer 3 buts. Retour sur une prestation en demi-teinte qui n’a pas satisfait l’exigeant sélectionneur national Djamel Belmadi.

Belmadi préoccupé, un fait rare
L’équipe nationale aura donc produit un football caractérisé par la confusion. Leur jeu a manqué de fluidité. Ce que le driver n’a pas manqué de relever à la fin de cette partie que ses poulains ont, tout de même, remportée avec, à la clé, la moisson complète empochée. «On a été confrontés à un adversaire très solide et appliqué. Il nous a posé beaucoup de première en première période. Je retiendrais qu’on a éprouvé beaucoup de difficultés à sortir avec le ballon», c’était l’analyse du premier responsable de la barre technique de l’EN.
Oui, certains se demanderont pourquoi il a estimé que la première mi-temps était plus compliquée alors que les Warriors étaient plus dangereux après la pause parvenant même à trouver la faille. C’est, tout simplement, parce que Belmadi sait pertinemment que si Bounedjah et Feghouli n’avaient pas pu faire sauter le verrou adverse dans les 45 première minutes, le match aurait été plus compliqué.

Patients malgré les appréhensions
C’est pourquoi ces deux réalisations ont été vitales pour El-Khadra qui n’arrivait pas à transpercer le double-rideau mis en place par le technicien croate Zdravko Logarusić. Face à un bloc compact qui a fermé toutes les brèches dans le cœur du jeu, Bennacer & cie ont dû jouer très haut en voulant étirant au maximum le jeu afin de pouvoir déséquilibrer le dispositif.
C’est pour cela que les latéraux Helaïmia et Bensebaïni ont joué assez haut pour essayer d’apporter la supériorité numérique sur les ailes. Illustration avec le second but signé Feghouli. Le numéro 10 a profité de l’excellent travail de conservation de Mahrez (ce dernier a pu profiter du dédoublement de… Helaïmia) qui a attendu le bon moment pour déposer le ballon sur la tête du sociétaire du Galatasaray SK.
Ce but incarne parfaitement la faculté des Champions d’Afrique à se montrer patients. Une certaine sérénité qu’ils ont su garder même si leurs homologues du jour ont pu sérieusement les inquiéter à la 3e et la 17e minutes. Ce qui devait les contrarier fortement.
Dos fragile
Le break fait, les visiteurs ont décidé d’aller à l’abordage au retour des vestiaires alors que les camarades de Brahimi ont maintenu leur pressing haut. Ce qui a laissé des espaces et permis à Kadawere de battre M’Bolhi en partant dans le dos de la défense à 35 mètres du but.
Certes, l’avant-centre de l’Olympique lyonnais était, manifestement, hors jeu et son but n’a pas changé grand-chose au résultat du match puisque Mahrez s’était chargé de mettre les siens à l’abri quelques minutes auparavant. Toutefois, cette séquence a démontré la carence dans le positionnement et la lenteur de la défense. Quand la ligne ne fonctionne pas dans ces phases, l’attaquant tire un énorme avantage. Avec une charnière centrale assez lente (la vitesse n’est pas le fort de Tahrat et Mandi), on est souvent exposé quand l’adversaire est trouvé dans l’intervalle.
Cela est arrivé contre le Mexique sur le second but et jeudi soir. Ça a donc tendance à se répéter. Belmadi a certainement dû le constater et essayera d’y remédier. Lui qui assure qu’il se rendra à Harare «pour gagner et assurer la qualification car la pression commence à peser sur le groupe.» En espérant que les maîtres du continent, qui semblent savoir souffrir pour gagner, puissent l’évacuer avec un nouveau succès lundi pour le compte de la 4e journée du groupe «H» des éliminatoires de la CAN-2022. Un quartet que notre sélection domine avec 9 unités suivie du Zimbabwe (4 points). Derrière, on retrouve la Zambie (3 points) et le Botswana 4e avec une petite unité. n