On était loin de la domination outrageuse et le large succès 3 buts à 0 en huitième de finale de la CAN-2019 remportée par l’Algérie. C’est sur le plus petit des écarts et avec une difficulté notable que l’Algérie a disposé de la Guinée vendredi au Stade Miloud Hadefi (Oran). Le sentiment était mitigé pour cette sortie amicale. Faut-il retenir la victoire ou la prestation ? Telle est l’interrogation.

Par Mohamed Touileb
Ce n’est pas pour faire la fine bouche. Mais force est de constater que les « Fennecs » se cherchent toujours. Les Guinéens ont réussi à donner du fil à retordre aux camarades de Nabil Bentaleb qui faisait son retour dans le onze algérien après près de 4 années d’absence.

Manques de cohésion et de verticalité évidents
Bien que dépassé par la fluidité des transitions adverses et la solidité de leur bloc avec deux pivots au milieu, notamment en première période, le sociétaire du SCO Angers a, tant bien que mal, réussi à maintenir sa tête hors de l’eau et muscler un peu l’entre-jeu. Surtout après le retour des vestiaires et la rentrée de Ramiz Zerrouki qui a apporté bien plus que Bendebka mal-inspiré lors du premier acte.
Dans le « squad » de départ, Djamel Belmadi a lancé Tougai, Zeghba, Bentaleb et le revenant Delort. Il y avait donc un assez large remaniement de l’équipe rentrante. Cela explique le manque d’automatismes qui a permis au « Sily National » de prendre l’ascendant dans le jeu : « quand on chamboule une équipe comme ça, une équipe qui n’a pas de vécu, pas de maturité, pas de cohésion… Je suis content de ce qu’ils ont pu produire. Beaucoup de joueurs ont marqué des points », a estimé le premier responsable de la barre technique Dz. Peu verticale, incapable de s’approcher et menacer le but adverse lors du premier acte, l’EN a été pour le moins insipide.

Il a avait de la qualité en face
En effet, le rendement était insatisfaisant pour ne pas dire décevant. Qu’à cela ne tienne, le driver des « Verts » a pour objectif de fluidifier de nouveau le jeu d’« El-Khadra » d’ici là CAN-2023 qui se jouera en Côte d’Ivoire dans un peu plus d’une année. « On veut se qualifier pour la CAN déjà, utiliser les matchs de qualifications pour grandir. On est encore loin de la CAN même si les choses vont arriver très vite. Il y aura des cadres et de nouveaux joueurs », a indiqué Belmadi après la rencontre avant de noter qu’« on veut remporter des titres. Je n’ai pas envie de parler de qualification à la Coupe du Monde. C’est encore loin. On fait preuve d’humilité mais on va être ambitieux ».
Après une première manche dans laquelle l’équipe a vécu des périodes de vulnérabilité footballistique, il fallait faire des réglages. Les incorporations de Zerrouki, Amoura, Belaïli, Mahrez et Slimani se sont avérées décisives. Plus portée vers l’avant, l’équipe nationale a réussi à se procurer des occasions et concrétiser une seule par l’entremise d’Islam Slimani sur un service de… Mahrez. En face, il y avait de la qualité comme le note l’entraîneur national. « Morriba, Diawara, Diakhaby, ce sont des joueurs qui n’ont pas peur de se faire presser. C’est une équipe complète. Belle perspective d’avenir pour cette équipe », estime-t-il. Désormais, il faudra se mesurer au Nigéria dans deux jours. Toujours au Nouveau stade d’Oran. « Le prochain match, il y aura plus de lien dans notre jeu car il y aura des joueurs qui ont l’habitude d’être là », annonce Belmadi. Cela reste à voir… n