Avec le départ de Abdenour Houchiche, désormais ex-patron des Rencontres cinématographiques de Béjaïa, l’option est pour une direction collégiale. Ces Rencontres sont un rendez-vous incontournable pour les professionnels, les cinéphiles et le grand public. Leila Aoudj, la directrice artistique, fait avec nous le point sur la situation avant l’événement prévu le 1er septembre prochain.

Reporters : Vous êtes la patronne des Rencontres cinématographiques de Béjaïa, quel est votre parcours artistique ?

Leïla Aoudj : Depuis deux ans, la direction des RCB a changé, en effet, nous avons toutefois opté pour une direction collégiale. Autant dire que nous n’avons pas de patron, car il y a une répartition des tâches naturelles au sein de l’équipe. Nous nous concertons pour la prise de certaines décisions lorsque celles-ci s’imposent. Pour ma part, à la base, j’ai fait l’école de commerce (ESAA) et l’EM Strasbourg Business School. Quand je suis rentrée en Algérie, j’avais intégré l’association Project ’Heurts pour réaliser des films, et là, ils me donnent des centaines de films à visionner. C’était passionnant et très formateur. J’ai ensuite bénéficié de l’atelier «Côté court» pour l’écriture de scénario et de l’université d’été de la Fémis. Aujourd’hui, en plus d’être Directrice artistique des RCB, je travaille dans l’audiovisuel et la communication et je participe à la production de certains films.

Abdenour Houchiche a marqué de son empreinte les RCB, que diriez-vous à ce sujet ?

Je dirais qu’Abdenour a marqué de son empreinte tout le paysage cinématographique algérien, pas uniquement les RCB. Il a réussi à mettre en place un évènement qui n’est pas moins que la plus ancienne manifestation cinématographique du pays impulsée par la société civile. Ça n’a pas toujours été facile. Il a donné des années de sa vie pour ce festival, et lorsqu’on porte un projet pareil on ne fait pas toujours l’unanimité, il faut être solide.

Quel est le critère de sélection des RCB ?

Lorsqu’il s’agit de faire un choix de films, ce n’est jamais objectif. Nous nous contentons de partager avec le public des films qui nous touchent ou qui sèment le doute en nous.

Quel est le programme concocté par vous et votre équipe ?

Au programme, cette année, des «rencontres». Nous prévoyons une rencontre nationale des ciné-clubs algériens avec la participation de cinéclubs de la zone nord-africaine pour des échanges d’expériences et trouver, nous l’espérons, des projets communs à court et à moyen termes.

Au programme, également, pas moins de 10 festivals étrangers invités cette année et, naturellement, des projections/débats entre le public et les réalisateurs. Nos traditionnels cafés-cinés qui se veulent être la poursuite au petit matin des débats de la veille, un master classe…

Ajoutez à cela, une journée focus sur Afac (The Arab Fund For Art and Culture) est prévue et, pour la première fois, les RCB se poursuivront trois jours à Alger à travers Afac Film Week. Cette activité est faite en partenariat par le collectif de jeunes  Cinevers, qui se charge de l’évènement à Alger.

Allez-vous maintenir les ateliers de formation ?

Concernant le Béjaïa Film Lab, nous avons décidé de le maintenir tous les deux ans. Cette activité représente un budget conséquent pour les RCB et nous ne pouvons pas nous permettre de le reconduire chaque année.

Allez-vous programmer «Jusqu’à la fin des temps» de Yasmine Chouikh et que pensez-vous du film si vous l’avez vu ?

Le film «Jusqu’à la fin des temps» » de Yasmine Chouikh  est prévu au programme. Je l’ai vu lors de son avant-première à Alger et je l’ai trouvé déconcertant par la singularité de sa démarche artistique, une sorte de cinéma à la fois classique et très actuel. Personnellement, j’ai été très émue par cette œuvre.

Un dernier mot sur les préparatifs de cette rencontre cinématographique…

Eh bien, si je devais dire quelque chose, ce serait que les RCB sont un évènement dont toutes les activités sont accessibles, gratuites et ouvertes à tous.

Il ne faut pas hésiter à venir faire un tour et «rencontrer» des films.