Ce qui se passe dans la maison du PT (Parti des Travailleurs) est très édifiant sur la manière avec laquelle la scène politique algérienne a existé, et existe toujours. En une journée, deux actions ont été enregistrées. La première est l’annonce par un groupe de personnes, présentées comme des «cadres du PT», de la destitution de la secrétaire générale Louisa Hanoune et son remplacement par un intérimaire, Mounir Nasri (ancien député de Skikda).
Comme attendu, l’action a donné une réaction. Louisa Hanoune donne rendez-vous à la presse, ce dimanche matin, pour dénoncer «la rencontre illégale, organisée par des personnes étrangères au Parti des travailleurs».
Une situation qui est loin d’être nouvelle dans le paysage algérien. Depuis le début de l’ouverture démocratique, soit depuis plus de 32 ans, plusieurs partis ont subi des mouvements de redressement (souvent fructueux). Les exemples sont nombreux. Les plus connus sont ceux organisés au sein du FLN, ou ceux subis par les différents partis créés par Abdallah Djaballah (actuellement à la tête du PJD). D’ailleurs, il faut signaler que le PT n’est pas à son premier mouvement de redressement. Il y a cinq ans, en 2016, des opposants -à leur tête Salim Ababcha, l’actuel secrétaire général de l’UGTA-, à Louisa Hanoune étaient montés au créneau pour la destituer, mais l’«essai» a été infructueux. Celui de 2021 sera-t-il le bon ? Les prochains jours seront déterminants pour le parti.
Néanmoins, le plus important aspect à prendre en compte dans ce qui se passe au sein du PT, c’est l’absence des militants. Tout est fait pour montrer que le conflit est entre des «cadres» du parti, mais personne n’arrive à voir la base, jusqu’à se demander si elle existe réellement ! Comment ne pas se poser la question quand il s’agit d’un parti qui se proclame représentant des travailleurs, qui avait 11 députés lors de la dernière législature et 24 dans celle d’avant.
Une direction ne peut s’imposer qu’avec l’appui de ses militants, qui, logiquement, ne peuvent que défendre ceux qu’ils estiment être leurs représentants. La légitimité n’est-elle pas avant tout au niveau de la base ?
D’ailleurs, le parti de gauche dont se définit le PT ne peut pas ne pas connaître l’épisode vécu par un pouvoir du même «camp», il y a 19 ans, presque jour pour jour. C’était en avril 2002, au Venezuela. A l’époque, le président Hugo Chavez avait été destitué et incarcéré, et c’est la population (donc sa base) qui l’avait sauvé. Le leader bolivarien a pu reprendre le pouvoir pour 11 années encore…