Avec la prolifération actuelle des conflits sociaux, il était presque impensable que la réunion périodique du Conseil des ministres, présidée par le Président Tebboune, n’aborde pas le sujet. C’était donc une évidence de retrouver dans le communiqué d’El Mouradia un «contenu» en relation avec la grogne constatée à plusieurs niveaux et dans de nombreux secteurs. Le Conseil des ministres de ce dimanche s’est «contenté» néanmoins d’aborder le sujet au niveau de deux départements, la santé et l’éducation. L’ordre reçu par les deux ministres de ces secteurs, en l’occurrence Abderrahmane Benbouzid et Mohamed Ouadjaout, était quasiment le même. Le président a «ordonné d’engager un dialogue avec les différents partenaires sociaux aux fins d’améliorer la situation socioprofessionnelle» du personnel soignant et des employés de l’éducation.
Le choix de «viser» Mohamed Ouadjaout est bien sûr loin d’être anodin. C’était directement lié à l’actualité brûlante avec la montée au créneau, il y a quelques jours, de plusieurs syndicats déclenchant une grève devenue, au fil des années, la hantise des parents. Le ministère de l’Education est ainsi mis devant ses responsabilités, celles de ne pas faire de vagues surtout en cette période pré-électorale sur laquelle le gouvernement mise gros.
L’ordre d’entamer «un dialogue avec les différents partenaires sociaux» n’a donc pas «épargné» le département de la santé qui est en train de subir une pression de plus en plus grande ces derniers jours. Les nombreux avertissements des experts sur le danger d’une troisième vague du Covid-19 ne peuvent pas être mis de côté, d’où l’importance d’au moins essayer de désamorcer un éventuel mouvement de grève dont les conséquences ne pourront qu’être néfastes.
Il est également à noter que si les départements de Ouadjaout et de Benbouzid étaient au menu de l’aspect social du Conseil des ministres de dimanche passé, c’est surtout qu’au sein des deux ministères les partenaires sociaux sont définis et donnent l’impression d’être légitimes. Les nombreuses actions de protestation lancées dans l’Education ou dans la Santé avaient été très suivies par les employés et les personnels des deux ministères. Une preuve tangible de la représentativité de ces syndicats. Ce que ne peuvent pas se prévaloir les autres «partenaires sociaux» au sein d’autres départements, et dont la légitimité est fragile.