Exprimés dès le lendemain de l’annonce des résultats des législatives par l’Anie, le soutien et l’appui des futurs députés indépendants au programme du président de la République se confirment et se consolident.

Par Feriel Nourine
Ils passent de la démarche individuelle ou celle de petits groupes dispersés, affichée ces derniers jours, à la réaction collective quasi-unanime qu’ils ont adoptée lors d’une réunion tenue à Alger.
Les élus des listes indépendantes n’ont, en effet, pas jugé utile d’attendre le verdict final que doit prononcer le Conseil constitutionnel pour manifester leur choix de se ranger du côté de Abdelmadjid Tebboune. C’est même pour le besoin de structurer leur soutien au programme du chef de l’Etat autour d’«un bloc» et d’«une classe large» que ces élus se sont rassemblés autour de ladite réunion. D’ailleurs, ils disent avoir été plus de 70 indépendants à y avoir pris part, donc l’écrasante majorité du bloc des indépendants élus, soit 78, classé en deuxième position après le FLN et ses 105 sièges.
«Nous sommes les élus des listes indépendantes aux législatives du 12 juin. Nous serons des membres actifs au sein d’un bloc et d’une classe large plus cohérente et efficace, en vue de soutenir et d’appuyer le programme du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à édifier une Algérie Nouvelle aux contours clairs avec des fondements politiques et une pratique démocratique qui prônent le développement dans tous les domaines», écrivent-ils dans le communiqué sanctionnant leur rendez-vous.
Les indépendants ont, dans le même esprit d’allégeance faite au programme du chef de l’Etat, exprimé leur «fierté» et leur «appui» à «l’effort et à la démarche sincère du Président Tebboune dans l’édification de la voie démocratique qu’il a engagée», soulignant que cet effort «repose sur l’Etat des institutions et les potentialités nationales, dans le cadre des valeurs de la Révolution de Novembre 1954 et sa déclaration historique, en sus des aspirations au changement positif exprimées par le Hirak populaire béni et authentique».
Ce soutien massif des indépendants était, en fait, prévisible en vue d’une neuvième législature qui se prépare avec des initiatives visant à mettre en place une «majorité présidentielle» à l’Assemblée populaire nationale (APN). Les tractations en ce sens ont été entamées par les partis dits du pouvoir, à savoir le FLN et le RND, alors que des formations qui rament dans la proximité, notamment El Moustakbel ou El Bina, ont déjà manifesté leur soutien au processus de la «nouvelle Algérie» initié par le président de la République.
Face à cette configuration qui pourrait déboucher à une alliance présidentielle dans une APN de soutien et non d’opposition, les observateurs voient mal les indépendant tourner le dos et faire de l’opposition à un Président dont c’est, justement, la reconsidération de la loi électorale qui leur a permis d’entrer en masse dans la course des législatives et de créer la surprise en se classant en seconde position des résultats des législatives, derrière l’ex-parti unique, le FLN, et devant les vieux briscards des échéances que sont le MSP et El Bina. C’est même un soutien total qu’ils annoncent en valorisant «l’engagement» du président de la République à «mettre en œuvre pour le parachèvement de l’édification institutionnelle, en consécration d’une nouvelle ère qui caractérisera l’Algérie nouvelle au sein de mécanismes constitutionnels et juridiques garantissant l’intégrité et la crédibilité dans la pratique démocratique».
A l’occasion, ils ont présenté «leurs remerciements aux acteurs de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie)», saluant en même temps «son effort actif et sa performance dans la préparation et la supervision de l’opération électorale et la proclamation de ses résultats préliminaires dans la transparence et la régularité et dans le respect de la loi, comme l’une des issues de l’amendement constitutionnel de l’année 2020». n