Ce qui caractérise le rendez-vous électoral des législatives du 4 mai prochain à Bordj Bou Arréridj, c’est l’entrée en lice de deux frères, en l’occurrence, Ismaïl Benhamadi, tête de liste RND, et Moussa Benhamadi, candidat sous la bannière du FLN.

De l’avis de certains, «c’est une conversion bénéfique qui pourrait se répercuter positivement sur l’ensemble des populations de la wilaya, en termes d’emploi. Le groupe éponyme réussit économiquement en offrant plus de 10 000 postes d’emploi, pourquoi pas politiquement ?», nous dit-on.
Pour le FLN, les préparatifs vont bon train pour la finalisation de la liste au niveau central sur les 103 candidatures, dont celle de Moussa Benhamadi, ancien ministre des TIC. «C’est la commission nationale au niveau du secrétariat général du FLN qui tranchera la liste des 8 membres, dont 2 femmes et 3 suppléants. On a retiré le dossier administratif que nous déposerons une fois la liste arrêtée. La mobilisation est à son comble au niveau des kasmas pour l’implantation des commissions de préparation logistique et d’information. Dans ce rendez-vous électoral, nous prônons la transparence avec des barèmes suivant la circulaire n° 2 du secrétaire général du FLN», nous indique Mohamed Cherif Boubetra, mouhafad du FLN. Idem pour le RND. Sur une vingtaine de candidatures, la liste des 8 postulants, avec 3 suppléants, est d’ores et déjà élaborée et approuvée par le bureau et le conseil de wilaya du parti, en désignant Ismaïl Benhamadi, militant depuis vingt ans sous la bannière RND, comme tête de liste. «Nous sommes très optimistes quant aux prochaines joutes électorales, car notre formation politique est déployée équitablement sur tout le territoire de la wilaya. On encourage l’adhésion et l’implication dans la vie politique des jeunes, des femmes et des universitaires et nous avons un bon militant comme tête de liste RND aux législatives, qu’est Ismaïl Benhamadi», nous dit A. Bentoumi, chef du bureau de wilaya du RND. Avec un air moins optimiste, le RCD se focalise sur «les tracasseries» administratives pour la collecte des signatures en vue d’entrer en lice, alors que la révision du fichier électoral prendra fin le 23 février. «Il faut 250 signatures pour chaque postulant des 8 candidats à l’APN.
Pour ce faire, il faut remplir le formulaire exigeant le numéro d’inscription sur le fichier électoral. Alors là, pour obtenir une carte de votant et en prélever le numéro d’inscription devient un véritable parcours du combattant… ainsi que la signature de 10 élus des dernières élections, alors qu’on avait boycotté les élections de 2012. En tout cas, nous persévérerons, car pour qu’il y ait un changement, il faut aller voter. Pas question de laisser le champ libre à la corruption et à la médiocrité», nous lance M. Menasria, chef du bureau régional du RCD. Si la course aux prochaines élections, locales et législatives, s’annonce effrénée pour les postulants, où tous les moyens sont bons pour dénigrer son rival, chez les citoyens lambda l’évènement passe plutôt inaperçu et dans l’indifférence. «Je ne me sens même pas concerné par ces élections, puisque ce sont les mêmes têtes qui reviennent. On en a jusqu’au cou avec les promesses non tenues de ceux qui nous ont bernés après avoir voté pour eux», nous dit un jeune. «Je ne suis pas motivé pour aller voter pour quelqu’un que je ne verrai qu’après un CDD de cinq ans. Entre-temps, lui, il touchait 30 briques ou plus par mois, alors que pauvre de moi, je reste, je ne sais pour combien de temps, à me rouler les pouces en enchaînant des petits jobs», nous dit un autre jeune diplômé à la recherche d’un emploi. Un échantillon d’avis, que nous avons recueilli en cette période où, bien que la campagne électorale ne soit pas encore lancée, l’ambiance en a le parfum.