Par NAZIM BRAHIMI
Les positions des partis politiques du courant démocratique sur les élections législatives anticipées du 12 juin prochain seront visiblement connues dans les prochains jours.
Après donc le choix du Parti des travailleurs de ne pas participer à cette consultation, il est attendu à ce que le RCD affiche sa position à l’occasion de la réunion de son Conseil national prévue le 20 mars en cours. Le FFS a convoqué, quant à lui, une réunion de son Conseil national le 3 avril prochain. Autrement dit, les possibilités de la présence ou pas de ces formations politiques dans l’hémicycle Zighout-Youcef seront claires une fois connues les positions du RCD et du FFS.
Ce dernier a indiqué, hier, dans un communiqué que l’instance présidentielle du parti, réunie ce 17 mars, a retenu la date du 27 mars pour la tenue de la pré-convention qui s’inscrit dans le cadre de l’offre politique lancée depuis plusieurs mois. La même instance présidentielle a ajouté, par ailleurs, avoir décidé de convoquer une session extraordinaire du Conseil national le 3 avril prochain. Vraisemblablement, ce rendez-vous du 3 avril servira pour débattre et trancher la question de la participation ou pas à la prochaine joute électorale.
L’inscription de la pré-convention à l’ordre du jour signe de la mise en route de l’initiative du parti, intitulée «la convention nationale», traduit-elle une tendance au sein du parti vers la non-participation à l’échéance du 12 juin prochain ?
Fort probable. Comme il n’est pas à écarter de voir le parti tenir à sa présence dans le Parlement tout en engageant simultanément son offre politique pour signifier que sa participation au jeu électoral n’est pas un chèque en blanc pour le pouvoir politique. D’autant plus que le parti n’a pas cessé de clamer ces derniers mois qu’une élection est à prendre comme un moyen et pas comme une finalité.
«Quels que soient son niveau et l’efficacité de loi qui l’encadrent, une élection n’a jamais été la démocratie. Elle constitue plutôt son couronnement. Dans les conditions actuelles de notre pays et des conditions politiques du moment, elle (l’élection) ne peut jouer aucun rôle dans le changement souhaité qui exige plutôt un large débat national qui mobilise toutes les forces du pays», avait-il indiqué.
Estimant dans ce sens que «les élections n’ont jamais constitué une priorité pour le FFS qui lutte pour l’avènement d’un changement radical et pacifique du système de pouvoir», le plus vieux parti de l’opposition soutient, «plus que jamais», que «tout processus électoral doit s’inscrire dans une stratégie nationale claire visant à construire des institutions et consacrer la souveraineté du peuple».
Du côté du RCD, la décision sera entérinée à l’issue de la session de ce samedi du Conseil national, l’instance souveraine entre les deux congrès. Les membres de cette instance trancheront ainsi la question conformément aux statuts du parti, selon Mourad Biatour, chargé de l’organique.
En attendant de voir que décideront le FFS et le RCD prochainement, le PT de Louisa Hanoune a opté lundi pour la non-participation aux législatives de juin prochain.
Dans son argumentaire, Hanoune a indiqué que «cette élection n’est qu’une autre fuite en avant du régime dont le seul souci est son maintien coûte que coûte», estimant qu’il n’y a aucun Algérien -ouvrier, chômeur, femme, jeune- qui soit convaincu de ces élections». Pour elle, «le processus électoral engagé par le régime, depuis la chute de l’ancien président Bouteflika à ce jour, n’a d’objectif que le sauvetage du système», marquant ainsi le premier boycott des législatives par le PT représenté à l’APN depuis 1997.