A deux semaines du coup d’envoi de la campagne électorale pour les législatives du 12 juin, c’est un plan spécial prévention sanitaire qui se profile à l’occasion de ce rendez-vous qui se prépare sous la tutelle de l’ANIE.

PAR NAZIM BRAHIMI
Le plan en question concerne notamment les encadreurs et les centres de vote, selon le communiqué qui a sanctionné, dimanche, la réunion périodique du Conseil des ministres.
« …Le président de la République a mis l’accent sur la mise en place d’un plan de prévention sanitaire à l’occasion des législatives couvrant les encadreurs, les centres et les bureaux et ce, en coordination avec le ministère de la Santé et l’ensemble des services concernés », lit-on dans le communiqué. Cette orientation à valeur de prévention peut être lue comme une anticipation quant à une probable évolution négative de la situation sanitaire dont les derniers décomptes quotidiens ne sont pas rassurants.
Sur un autre registre, Tebboune a souligné « la suspension totale des activités de terrain des membres du Gouvernement avant et durant la campagne électorale » dans le souci de mettre la compétition électorale à l’abri d’une éventuelle influence des membres de l’Exécutif.
Les participants à l’œuvre
Du côté des formations et des listes indépendantes en lice, le temps est à la mobilisation des troupes en vue de la compétition. L’étape ne se déroule, cependant, pas sans surprise pour certaines formations politiques qui ont appris de la part de l’ANIE « le rejet » de quelques candidatures.
La plus significative est celle du secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) Abou-El-Fadl Baadji, prié de céder sa place sur la liste à un autre prétendant. Rejet politique ou administratif ? La question reste posée. D’autant plus qu’au sein de l’ancien parti unique, aucune voix n’est en mesure dans ce contexte d’apporter l’explication juste au vu des incertitudes qui rythment la vie organique du FLN traversée par des tiraillements et des luttes d’influence. D’autres partis ont dû, également, selon des indiscrétions, faire avec le rejet de certaines de leurs candidatures.
A noter que le nombre des listes de candidatures aux législatives du 12 juin prochain s’est élevé, après prolongation du délai de dépôt des dossiers de candidature de 5 jours supplémentaires, à 2 400 listes, dont 1 180 de partis politiques et 1 220 d’indépendants, soit un écart de 40 dossiers.
Le nombre de candidats pour la Chambre basse du Parlement s’est établi à 24 214, selon les chiffres de l’ANIE, qui a indiqué que 39 partis politiques ont déposé des dossiers de candidature à travers les 58 wilayas, dont 19 dossiers remplissent les conditions légales, notamment l’atteinte du quorum de 25 000 signatures ».
Interrogé sur la nouvelle tendance marquée par le « recul » des partis politiques traditionnels devant la montée des listes indépendantes, le politologue Mustapha Haddam a estimé qu’il est « la conséquence de la perte de crédibilité des partis politiques, surtout ceux incarnant l’ancien système déchu par le Hirak du 22 février 2019 ».
Pour sa part, Brahim Zitouni également politologue, voit, dans la percée réalisée dans les listes indépendantes au détriment des partis traditionnels, aux expériences mitigées lors des échéances électorales organisées jusque-là, un « aboutissement logique de l’éclatement des partis politiques après leur érosion auparavant sous un régime politique désormais synonyme de corruption ». n