Par Lyes Sakhi
Le garde des Sceaux a appelé, hier, à une adhésion massive au scrutin anticipé de l’été prochain, indiquant que ce vote constitue l’une des voies de sortie de crise préconisées par le chef de l’Etat. Le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, s’est engagé au respect de la loi sur l’intégrité électorale et a lancé des messages de garantie d’équité et de transparence en ce qui concerne le scrutin législatif anticipé du 12 juin 2021. La justice «détient tout le pouvoir et agit avec détermination» quand il s’agit de «protéger la voix du citoyen», a déclaré le garde des Sceaux. Ce dernier, qui semble être le premier responsable du gouvernement Djerad à tenir un discours de campagne en faveur des élections de l’été prochain – avant le Premier ministre lui-même et le ministre de l’Intérieur -, s’est exprimé sur ce rendez-vous politique décisif pour l’Exécutif à l’ouverture d’une journée d’étude à l’Ecole supérieure de la magistrature à Koléa, sur «les techniques de cassation en matière civile et pénale en droit algérien et en droit français».
On retiendra de son intervention une plaidoirie offensive en faveur de l’agenda politique du chef de l’Etat et un appel à un afflux massif aux urnes. Derrière la déclaration de rappel du ministre que «la justice protège en vertu de ses missions et prérogatives toute opération électorale», il y a le message que le vote de juin prochain verra le respect des principes et des fondamentaux du jeu électoral en matière d’honnêteté et de crédibilité. Les candidats comme les électeurs jouiront du secret et de l’honnêteté du vote. La liberté du suffrage sera garantie et l’administration opérera de manière organisée, équitable et impartiale, a-t-il aussi glissé dans son message où il n’a pas hésité à évoquer le passé récent pour étriller les pratiques en cours à l’époque de l’ancien système incarné par le président déchu Abdelaziz Bouteflika.
«Dans un passé récent, le corps de la magistrature subissait les risques et toutes formes de pratiques arbitraires», a indiqué le ministre, ajoutant que «les magistrats ont risqué leur intégrité physique et leur parcours professionnel en faisant face aux menaces dont ils étaient victimes, dans l’objectif de protéger la voix du citoyen», un sacrifice, a-t-il dit, qui «mérite d’être salué». Ce sacrifice, poursuit M. Zeghmati, représente «une preuve que le pays dispose encore de véritables hommes qui se sont sacrifiés pour la préservation du pays et sont demeurés fidèles à leur serment», appelant les citoyens à répondre présent à l’appel de la patrie. «Dans son préambule ou dans son article 34, la nouvelle Constitution prévoit le principe de la sécurité juridique qui doit être consacrée par les hautes autorités judiciaires dans les pratiques quotidiennes de la justice, notamment à travers le mécanisme de renvoi sur la base de l’exception d’inconstitutionnalité, afin de protéger les libertés et les droits, car la protection du droit à la vie au sein de la paix sociale et celui à la pratique démocratique étant des valeurs sociales suprêmes et complémentaires».
Pour Belkacem Zeghmati, les législatives du 12 juin prochain s’inscrivent dans le cadre du «processus du président de la République en vue de sortir de la crise actuelle dans le pays». Un processus qui se veut, selon le ministre, «une bouée de sauvetage à laquelle chacun de nous doit s’accrocher». n