La campagne électorale pour les législatives du 12 juin prochain, qui a abordé hier son quatrième jour, semble avoir curieusement oublié d’aborder les questions socio-économiques absentes dans le discours des prétendants. C’est d’autant plus paradoxal que ce scrutin se déroule dans un contexte marqué par de sérieuses préoccupations économiques et financières, mais aussi par la montée de la contestation sociale dans plusieurs secteurs, notamment de la fonction publique.

PAR NAZIM BRAHIMI
Mais les acteurs politiques, engagés dans cette compétition, semblent, du moins pour le moment, se focaliser sur ce qui peut être présenté comme le fonds politique de cette échéance qui intervient, il est vrai, dans une conjoncture politiquement agitée avec la persistance de la contestation populaire..
Pourtant, sans négliger la dimension politique de l’échéance, il va sans dire que le citoyen est aussi sensible et attentif au volet socio-économique, notamment en pareille conjoncture singularisée par la hausse des prix, l’érosion du pouvoir d’achat et les menaces qui pèsent sur les entreprises et le monde de travail. Tous ces aspects de la vie du citoyen ne semblent pas avoir bénéficié de l’attention des prétendants, visiblement plus portés vers d’autres thématiques.
Le président du Front El Moustakbel, Abdelaziz Belaïd, a déclaré que la «réussite des législatives apportera une nouvelle pierre à l’édifice des institutions constitutionnelles», ajoutant que la conjoncture internationale et régionale «requiert de la sagesse et de la clairvoyance pour préserver la cohésion, l’unité et la force de l’Algérie». La nécessité d’envoyer au peuple un message se traduisant par «la formation d’un gouvernement d’union nationale après les élections législatives à travers un dialogue capable de concrétiser le développement». De son côté, le président du MSP, Abderrazak Makri, se projette dans l’après-élection. «Si le MSP obtient la majorité des sièges dans la future Assemblée populaire nationale, il sera en mesure de dialoguer avec toutes les parties de l’opposition et respectera l’ensemble des Algériens», a-t-il déclaré. Il a affirmé, par la même occasion, que son parti œuvrera à «créer un climat favorable à la formation d’un gouvernement d’union nationale à travers le dialogue et l’entente avec ceux qui ont participé à l’élection et même ceux qui n’y participeront pas». Le président du mouvement El Islah, Filali Ghouini, a soutenu, pour sa part, lors d’un rassemblement à l’ouest du pays, que son parti «s’engage à défendre l’Etat et ses institutions face aux complots fomentés contre lui, à défendre les revendications du peuple devant toutes les instances et à œuvrer à leur prise en charge». Un discours de la même teneur est développé par Abou El Fadl Baâdji, secrétaire général du Front de libération nationale, lequel soutient que les élections sont «le seul moyen qui permettra au peuple algérien d’exercer sa souveraineté et la démocratie».
Pour sa part, le parti de Jil Jadid, qui privilégie les sorties de proximité durant lesquelles son président Soufiane Djilali évoque les questions de l’emploi comme nécessité de l’heure «pour rendre confiance aux jeunes», et s’engage à continuer à plaider pour la création des conditions devant permettre un investissement dans des secteurs à forte demande de main-d’œuvre comme le bâtiment, l’agriculture et les petites et moyennes entreprises (PME). <