C’est le compte à rebours pour le scrutin législatif prévu samedi prochain. Les candidats n’ont plus que quelques jours pour convaincre les potentiels électeurs avant que soit décrété le silence électoral prévu à 72 heures du jour J.

PAR NAZIM BRAHIMI
A l’évidence, la campagne a gagné en visibilité dans certaines localités et à travers les tableaux d’affichage dans les centres urbains et les médias publics et privés. Les chefs de parti ont d’ailleurs investi les grandes villes pour avoir la confiance des citoyens, à l’image du sulfureux Abdelkader Bengrina qui s’est offert un show au niveau de la Coupole. Pour sa part, le chef du Front El Mousttakbal, Abdelaziz Belaïd, a déclaré, à partir de Relizane, que son parti accorde un grand intérêt à la participation à «la refondation de la légalité institutionnelle» afin d’en faire le socle pour l’édification d’un «Etat fort»».
Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi a livré hier quelques chiffres indiquant que l’Etat a déboursé 464 millions comme aides aux 1 548 jeunes candidats. Le même responsable a ajouté, par la même occasion, avoir enregistré 400 dépassements durant cette campagne électorale citant des affichages «anarchiques», mais surtout un «non-respect» du protocole sanitaire contre la pandémie.

Peu de place pour la culture
De leur côté, les observateurs ont relevé que, s’agissant des deux semaines de campagne, très peu de place a été accordée au secteur de la culture qui pourtant se morfond dans un malaise sans précédent. Et si les candidats à une place parmi les 407 sièges que compte l’hémicycle Zighout-Youcef tendent à étaler leurs diplômes universitaires et leurs qualifications professionnelles, force est de constater que la culture a été complètement éclipsée dans les programmes et discours de cette campagne. Pourtant le manque est plus que visible pour un secteur qui se cherche à la fois les moyens nécessaires pour son développement, mais surtout en quête d’un encadrement approprié pour une vie culturelle à la dimension du potentiel du pays. Il est en effet curieux de constater que les chefs de parti et autres prétendants sur listes indépendantes n’ont pas donné d’importance à un secteur aussi vital que celui de la culture se complaisant dans des sous-sujets qui ne peuvent concerner que les états-majors des partis et les promoteurs de listes. Continuer à défendre le choix de la participation alors que la campagne aborde sa dernière semaine n’est pas de nature à donner des ailes à une campagne qui mobilise peu. Discourir sur la présence féminine dans ses listes ou celle des jeunes ne saurait compenser la vacuité des programmes qui sont censés être le moteur de la campagne électorale et dans lesquels la culture est malheureusement le grand absent.
Aussi bien sur leurs affiches que dans leurs interventions dans les médias publics, les prétendants pèchent par leur éloignement des questions de la culture (cinéma, livre, théâtre…) préférant surfer sur le populisme et la démagogie qui ne peuvent rien apporter à la collectivité ni aux groupes sociaux.
Nous l’avons bien constaté, même quand les représentants de parti sont interrogés sur les plateaux cathodiques privés sur leurs propositions pour une véritable relance culturelle, ils ne font qu’étaler leur méconnaissance de la réalité du pays. Des observateurs auront par ailleurs noté que les formations politiques qui ont évoqué les questions culturelles l’ont fait à des fins plutôt idéologiques, à l’image de certaines voix du courant islamiste qui prône l’action culturelle comme un «reflet» naturel de l’identité et de l’appartenance d’une nation. Le parti promet d’encourager toute forme d’expression artistique et la créativité sans pour autant nuire aux valeurs culturelles et cultuelles de la société algérienne.