Les élections législatives du 4 mai prochain interviennent dans un contexte politique très singulier. En effet, le mandat des députés de la future Assemblée populaire nationale s’achève en 2022, autrement dit, il survivra à l’actuel mandat présidentiel. En ce sens que la future APN , issue des législatives du 4 mai prochain, aura un rôle prépondérant à jouer lors de la préparation et de l’organisation de la présidentielle de 2020. C’est aussi un scrutin particulier puisqu’il intervient à l’issue de l’adoption d’une nouvelle loi électorale qui impose un certain nombre de critères d’éligibilité pour les postulants à la députation. L’article 73 du projet de loi stipule, en effet, que « sont retenues les listes de candidature aux Assemblées populaires communales et de wilaya des partis ayant obtenu au moins 4% des suffrages exprimés dans la circonscription électorale de candidature ou des partis comptant au moins dix élus dans les assemblées populaires locales de la wilaya concernée ». A l’occasion de son examen à l’Assemblée nationale, les députés de l’actuelle législature, dont le mandat expire dans trois mois, ont été unanimes à exprimer leur inquiétude quant à la teneur de l’article 73 de cette loi qui exige au moins 4% des suffrages lors des précédentes échéances pour l’admission du dossier de candidature. Les députés du Parti des travailleurs (PT) avaient estimé qu’il était inconcevable de prendre les résultats des élections de 2012 comme critère d’admission ou de rejet du dossier de candidature, sachant que ces élections, ont-ils argué, « ont été entachées de fraude de l’aveu de tous et comme l’ont confirmé les rapports de la Commission politique indépendante de surveillance des élections ». Les députés du Front pour la justice et le développement (FJD) et de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV) ont, eux aussi, fustigé le projet de loi, s’interrogeant sur le sort des partis ayant boycotté les élections de 2012 et qui souhaiteraient s’engager dans celles de 2017. Aussi, ont-ils proposé de reporter l’application de ces dispositions au moins après les échéances de 2017. A contrario, les députés du parti du Front de libération nationale (FLN) et du Rassemblement national démocratique (RND) ont été aux antipodes des parlementaires de l’opposition estimant que l’article 73 permettra de débarrasser la scène politique des « partis microscopiques qui n’apparaissent que lors des rendez-vous électoraux ». Certains d’entre eux ont proposé de porter le taux requis à 10% au lieu de 4%, estimant que l’imposition d’un seuil minimum à la participation aux élections était en vigueur dans de nombreux pays. C’est dire l’importance de cette élection et les intérêts qu’elle charrie. C’est dans cette optique d’ailleurs qu’au sein des partis, l’heure est à la préparation des listes de candidatures et l’élaboration des stratégies électorales. Le FLN a fixé le 7 février pour examiner les dossiers de candidatures à cette échéance électorale. 

Les islamistes, de leur côté, se sont regroupés en contractant des alliances pour mieux affronter cette échéance. La campagne électorale s’annonce ainsi difficile tant pour les formations au pouvoir que pour les formations de l’opposition qui y prennent part.