Avec le choix du Front pour la justice et le développement (FJD) d’Abdallah Djaballah de prendre part aux élections législatives du 12 juin prochain, c’est une présence massive des formations islamistes qui se dessine à l’occasion de ce scrutin. Tous les partis de ce courant seront au rendez-vous, à savoir FJD, MSP, El Islah, Al Bina et Ennahda.

PAR NAZIM BRAHIMI
Même si la décision finale du parti FJD ne sera annoncée que le week-end prochain à l’occasion de la réunion du conseil consultatif, les propos tenus récemment par son leader Abdallah Djaballah à Laghouat ne laissent plus de doute quant à l’option qui sera retenue. «Le meilleur moyen de traduire dans les faits les aspirations des citoyens est d’arriver au pouvoir par la voie légitime et légale en obtenant la majorité parlementaire, tributaire de la réussite à glaner les voix des électeurs», a déclaré le chef du FJD.
Signe de la volonté du parti à prendre part au scrutin législatif, Djaballah a estimé qu’«il n’y a aujourd’hui aucune raison de boycotter et de tourner le dos à la scène politique», ajoutant que «celui qui veut faire aboutir ses idées et convictions n’a qu’à se présenter aux élections, à commencer par les législatives». Clair et net. Et il ne reste désormais au Conseil consultatif du FJD, instance de délibération, du parti, que d’entériner l’option de la participation.
Le président du FJD a salué, par ailleurs, l’introduction de la liste ouverte dans le nouveau code électoral, la considérant comme «un facteur contribuant à faire parvenir les méritants au Parlement et aux différentes autres assemblées, plutôt que de cautionner une tête de liste même s’il ne fait pas consensus». Même si le FJD présentait jusque-là des «spécificités» par rapport aux autres formations du même courant idéologique, il semble être sur la même longueur d’ondes dans ce contexte préélectoral. Il y a, en effet, une convergence des points de vue du FJD et du MSP ainsi que des autres partis de ce bord politique.
Les élections législatives prochaines représentent un grand espoir pour une concurrence propre et loyale, qui recourt à la volonté populaire et rejette la corruption pour un avenir meilleur du pays», avait estimé la semaine dernière, le chef du MSP, Abderrezak Makri. Ce dernier a appelé, dans ce sens, à une large participation du peuple algérien aux prochaines échéances, relevant que le citoyen détient à travers ce scrutin, «la solution pour opérer un changement historique par les urnes et sa forte participation».
Pour sa part, Filali Ghouini, du mouvement El Islah, a soutenu lundi à Bouira que l’urne est la seule voie légitime pour consacrer la volonté du peuple aspirant à l’édification d’un véritable Etat de droit et de démocratie. «C’est pour cela que nous devons sensibiliser sur l’importance des prochaines élections législatives, qui constituent un acte de civisme pouvant permettre à l’Algérie de se doter d’un Parlement fort composé d’élus compétents», a-t-il dit. Pour M. Ghouini, le prochain scrutin législatif «permettra aux citoyens algériens d’avoir de nouveaux acquis et de mettre fin aux anciennes pratiques de bureaucratie et de corruption».
De son côté, le président du mouvement Al Bina, Abdelkader Bengrina, a fait savoir dès que le corps électoral a été convoqué par le président de la République, son parti participera aux prochaines législatives «dans le cadre d’une alliance électorale», marquant ainsi ses ambitions. Il a expliqué que son parti mise sur la «formation d’une alliance électorale forte, constituée de partis, de personnalités et de composantes de la société civile, qui participera aux prochaines échéances et se prolongera au prochain Parlement en tant que force avant-gardiste soucieuse de l’unité du peuple et de la cohésion des institutions». n