PAR NAZIM B.
La contestation menée par les partis politiques, suite au rejet de nombreuses candidatures aux législatives du 12 juin prochain, ne semble pas avoir été vaine, puisqu’un délai de 25 jours avant le scrutin leur est accordé pour remplacer les dossiers invalidés et rejetés par les délégations de l’ANIE.
Ce qui veut dire que le nombre de listes rejetées peut être revu à la hausse une fois les partis ayant procédé au remplacement de leurs candidats recalés. Autrement dit, l’Autorité de Mohamed Charfi n’est plus en mesure de livrer le chiffre exact et définitif des prétendants, alors que la campagne électorale débute dans cinq jours.
Du point de vue réglementaire, la procédure repose sur l’article 207 de l’Ordonnance portant loi organique relative au régime électoral. «En cas de rejet de candidatures au titre d’une liste, de nouvelles candidatures peuvent être formulées dans un délai n’excédant pas les 25 jours précédant la date du scrutin», stipule l’article 207 de ladite loi.
Sur sa page facebook, Lakhdar Benkhellaf, ancien député du Front de la justice pour le développement (FJD), a indiqué, hier, que les listes rejetées à cause de parité dans l’âge seront admises. Il a ajouté que son parti continuera à plaider «la nécessité de mettre la photo des chefs de parti sur les affiches et les bulletins afin de faciliter le choix aux électeurs».
Dans leur requête formulée auprès de l’ANIE, des partis politiques, dont Jil Jadid, MSP, El Bina, El Fejr El Jadid, Sawt Echaab, Ennahda, ont demandé l’ouverture d’une enquête impartiale, pointant un «application abusive» des articles de la même loi organique. Charfi a répondu par la mise en place d’une cellule de coordination entre l’Autorité et les partis politiques. Cette cellule aura comme mission «d’encadrer les représentants des partis au sein des bureaux de vote et de suivre en toute transparence les différentes opérations de dépouillement, conférant ainsi davantage de crédibilité aux élections», avait noté le président de l’ANIE, lequel ajoutera que le but est de «prévenir toute piste pouvant obstruer le bon déroulement des prochaines législatives».
En ce qui concerne les candidatures, M. Charfi a annoncé en début de semaine 898 listes acceptées mais qui incluent en leur sein un candidat rejeté, dont 462 listes présentées au titre d’un parti politique et 436 listes indépendantes. Selon le même responsable, le rejet de certaines listes a été motivé par le fait qu’elles soient liées aux milieux suspects de l’argent et des affaires (1 199 listes rejetées), aux personnes condamnées à des peines privatives de liberté (281 listes) et au manque de documents requis (410 listes).
Le président de l’ANIE a également indiqué que 89 listes ont été rejetées pour condition d’âge, tandis que 129 candidats ont été écartés pour non-inscription sur les listes électorales, 72 cas pour leur situation vis-à-vis de l’administration fiscale et 62 pour Service national, 7 pour cause de présence de plus de 2 personnes sur une même liste ayant des liens de parenté, et 3 cas pour l’occupation d’une fonction ne permettant pas de se porter candidat.
Pour ce qui est des dossiers rejetés définitivement, l’ANIE a comptabilisé à dimanche midi 297 listes. Les causes du rejet, selon M. Charfi, sont liées au non-respect de l’âge (47 cas), du niveau universitaire (6 cas), du nombre de formulaires (162 cas) en sus du non-respect de la parité.
Quant aux recours déposés auprès des tribunaux administratifs, ils ont atteint 847 dont 450 déposés par des partis politiques et 397 émanant de candidats indépendants.