Ligne ouverte sur les législatives du 12 juin prochain, dont le coup d’envoi de la campagne électorale sera donné demain. Certains partis qui prennent part à cette joute électorale, à l’image de Jil Jadid et du FJD, sont déjà à l’heure de la campagne.

PAR NAZIM BRAHIMI
Soufiane Djilali et Abdallah Djaballah ont tenu, en effet, des rencontres avec leurs candidats à 48 heures du lancement de la campagne, qui intervient dans un contexte marqué par un durcissement du dispositif de sécurité contre les marches hebdomadaires pour le changement du vendredi. Cette séquence intervient au lendemain du communiqué du ministère de l’Intérieur qui soumet toute manifestation publique à une déclaration et une demande d’autorisation préalable.
Le renforcement du dispositif de sécurité et les nombreuses interpellations enregistrées lors des manifestations d’avant-hier n’ont pas manqué de faire réagir des formations politiques au moment où des avocats déplorent les arrestations de manifestants, des leaders politiques et de journalistes, dont Kenza Khattou, maintenue en garde à vue.
Dans un communiqué, le Front des forces socialistes (FFS) a dénoncé «la vaste opération d’arrestations qui a ciblé de nombreux militants et activistes politiques, dont des militants du FFS, en plus des journalistes lors des manifestations qui se sont déroulées ce vendredi 14 mai à travers les différentes régions du pays».
Le FFS a considéré, à cette occasion, que «continuer à donner la priorité au traitement sécuritaire à la crise nationale et l’escalade participerait à l’exacerbation des tensions et renforcerait les hypothèses de confrontations et alimente les voix des extrémismes et de l’intolérance». Pour le plus vieux parti de l’opposition, cela «n’arrange absolument pas les exigences de l’Etat de droit et de justice et consacre la tyrannie et la vision unilatérale comme unique option pour gérer les affaires de la nation».
Exprimant à cet effet «son dépit, suite au recours du pouvoir à la répression et le choix de la gestion sécuritaire pour affronter les revendications populaires», le FFS a souligné que «le droit de manifester pacifiquement, d’organisation et la liberté d’expression est consacré par la Constitution». La même formation politique a réitéré dès lors son appel à «un dialogue national et inclusif qui regroupe toutes les forces vives de la nation, précédé par des mesures d’apaisement concrètes en faisant prévaloir le sens de la sagesse et de la raison». Estimant que «c’est ce qui introduirait à une feuille de route politique qui représenterait une issue raisonnable à la crise politique multiformes dont souffre notre pays».
Le Parti des travailleurs (PT) a jugé, pour sa part, que «la répression d’une extrême violence qui a ciblé la quasi-totalité des wilayas, où des citoyens sont sortis manifester pacifiquement comme ils le font depuis deux ans, est intolérable». Pour le parti de Louisa Hanoune, «les prétextes avancés par le gouvernement pour justifier cette escalade répressive sont irrecevables car légalisant la confiscation de la liberté de manifester arrachée en Octobre 1988 au prix de 500 vies de jeunes innocents. Une liberté confisquée plusieurs décennies durant par le précédent pouvoir et que la majorité du peuple a recouvrée par le soulèvement révolutionnaire de février 2019». Le PT a estimé que «l’arrestation de centaines de citoyennes et citoyens, dont des journalistes, des responsables politiques, consacre et institutionnalise la criminalisation et la judiciarisation de la pratique politique et de l’exercice de la profession de journaliste». Le parti trotskiste pointe «une marche effrayante à la «birmanisation» qui est un «danger mortel pour notre pays pour son intégrité et sa souveraineté». n