La campagne électorale pour les législatives anticipées du 12 juin prochain boucle, aujourd’hui, sa première semaine qui aura été laborieuse pour les chefs de parti et les candidats en lice qui ont eu à vérifier la difficulté de l’épreuve. Aussi bien pour les formations politiques habituées au jeu électoral que pour ceux qui se lancent pour la première fois.

PAR NAZIM BRAHIMI
Non seulement parce qu’une campagne électorale nécessite des moyens financiers importants et un personnel militant qualifié et rompu à ce genre d’exercice, mais surtout parce qu’une campagne électorale, de surcroît dans un contexte de «suspicion» généralisée à l’égard des politiques, a ses exigences que les prétendants à une place dans l’Hémicycle Zighout-Youcef ne semblent pas en mesure d’assurer.
D’où leur difficulté manifeste à ce qu’ils imprègnent leur touche à une campagne électorale qui peine à se rendre visible, sept jours après son lancement, jeudi passé, pour se contenter de sorties de proximité qui ne drainent pas les grandes foules. La seule échappatoire dès lors pour les participants, les réseaux sociaux où les équipes de campagne tentent d’assurer une présence virtuelle qui est loin de compenser leur invisibilité sur le terrain. Même sur ce terrain, c’est loin d’être gagné pour l’ensemble des prétendants qui n’arrivent pas, de l’avis des observateurs, à produire un discours politique en mesure de convaincre et de susciter des adhésions parmi les populations. Lorsque les responsables de parti ont tenté de jouer sur la symbolique de leurs numéros de campagne tirés au sort, ils n’ont fait qu’étaler leur indigence conceptuelle en surfant maladroitement sur des incantations religieuses ou des considérations incompatibles avec les tribunes politiques dans lesquelles ils s’expriment. Dans ce registre, le président du Front de la bonne gouvernance (FBG), Belhadi Aïssa, s’est distingué de façon maladroite quand il a voulu mettre en évidence la présence des femmes sur les listes de sa formation à l’occasion de ce scrutin. «Les belles femmes sont des ingénieurs, des médecins, mariées, des directrices… On vous a ramené de la fraise, mais on l’a sélectionnée. On ne vous a pas ramené la fraise qui est expédiée en Afrique du Sud. On vous a ramené de la bonne énergie», a-t-il déclaré en plein meeting populaire, ce qui a fait réagir de nombreux internautes. Pour ces derniers, il s’agit d’une «dérive misogyne pour des visées électorales», estimant que cette déclaration est «irrespectueuse» à l’égard des femmes émanant d’un chef d’un parti politique en course pour une présence dans l’Assemblée populaire nationale (APN). Cette dérive est venue s’ajouter à celle, déjà relevée durant les consultations précédentes, des affiches où les visages des candidates ont été étrangement masqués dans un procédé qui suscite bien des interrogations quant aux véritables intentions des concernées et des partis politiques qu’elles représentent.
En tout état de cause, la première semaine de campagne a révélé combien les programmes politiques font défaut à un personnel politique, censé en avoir et produire un discours en mesure de convaincre le citoyen d’aller voter pour prétendre inverser la tendance vers la désaffection électorale. Mais si cette semaine n’a pas été globalement à la hauteur, il y a eu cependant parmi les prétendants ceux qui ont produit du sens et tenu un discours politique en phase avec leurs convictions et leurs démarches. Ont-ils convaincu ? C’est l’urne qui se prononcera le 12 juin prochain à l’heure du décompte final. En attendant, les participants disposent encore de deux autres semaines pour convaincre… <