Par Nadir Kadi
Le président du MSP Abderrazak Makri a réaffirmé que son mouvement considérait les élections législatives du 12 juin prochain comme « une opportunité pour le pays ». Le responsable politique, invité hier sur les ondes de la Radio nationale, Chaîne III, a ainsi précisé que le « rôle du MSP en tant que responsable politique d’essayer de transformer les dangers en opportunités (…) pour sortir le pays de la crise et faire de l’Algérie un pays émergent ou les Algériens pourront vivre dans la dignité ». Abderrazak Makri, qui reconnaît que le pays traverse une situation de crise notamment « économique, politique et autour des frontières », plaide ainsi pour une large politique de « réformes ». Une action qui doit venir, estime le responsable, d’un gouvernement d’union nationale, qu’il pourrait « pourquoi pas » diriger.
Partageant ainsi certains détails du programme électoral de son mouvement, le responsable, qui a déjà animé plusieurs rencontres depuis le début de la campagne, explique qu’il s’agira avant tout pour le MSP de dialoguer avec l’ensemble des forces politiques en cas de victoire : « Si les élections sont transparentes nous aurons un poids au sein de Parlement et du gouvernement, nous aurons un dialogue avec les autres formations (…) Nous avons des amis dans le courant islamiste, dans la courant nationaliste et dans le camps démocratique (…) si l’on accepte ces appellations ».
Ainsi Abderrazak Makri promet entre les lignes « l’efficacité » de l’action politique que pourrait mener son mouvement : « Il sera très facile de se faire comprendre, d’exposer la situation de l’Algérie et d’arriver à un dialogue (…) Nous leur proposerons un gouvernement d’union nationale. » Un gouvernement dont le chef pourrait être Abderrazak Makri lui-même. Le président du MSP, explique à ce titre : « Pourquoi pas ? Gouverner est l’ambition de n’importe quel politicien. Mais il ne s’agit pas de ma volonté, mais de celle qui émanera du dialogue avec toutes les forces de la vie politique, que ce soit les autorités ou les structures du parti ».
Responsable politique qui s’est par ailleurs dit, hier, convaincu de l’ancrage populaire de son mouvement : « Nous n’avons jamais eu peur de la compétition, nous sommes présents dans le pays. Le MSP a ses structures, ses responsables, ses militants, son assise sociale, ses programmes, son expérience. Nous sommes un parti politique qui peut assumer la compétition et obtenir de très bons résultats. » Abderrazak Makri ajoute dans cette même logique que le MSP a jusque-là été sous-représenté dans les instances politiques à cause des « accords » politiques durant la présidence Bouteflika : « Aujourd’hui, tout le monde dit que les élections passées étaient truquées. Le MSP a été la principale victime de cette fraude électorale. » Une situation aujourd’hui révolue pour le président du MSP en tenant pour preuve les déclarations du Président de la République : « Tant mieux pour l’Algérie, tant mieux pour nous si la politique des quotas est révolue (…) Monsieur le Président de la République a déclaré ouvertement que ce temps est révolu et que la transparence et l’équité des élections seront garanties ».
Toutefois, le responsable du MSP ajoute plus loin, à propos des « garanties de transparences » : « Nous avons tenu compte de cette parole du Président. Et j’espère que les autres responsables des différentes institutions l’entendent et qu’ils entreront dans le cadre décidé par le président (…) Il n’y a pas de garantie. On ne peut pas dire que la loi électorale est une garantie (…) On fait avec cette loi. La seule garantie que nous avons entre les mains est la volonté populaire et la déclaration du Président de la République représentent pour nous un signe de cette volonté ».
Abordant par ailleurs la question du boycott des élections, décidée par plusieurs formations politiques, Abderrazak Makri déclare : « Il est légitime qu’un parti ou une personnalité politique puisse choisir de boycotter des élections (…) mais criminaliser la participation ou empêcher les Algériens de participer, cela n’a rien à voir avec la démocratie. C’est une autre forme de diktat qui renseigne sur le comportement que peuvent avoir ces personnes si elles venaient à arriver au pouvoir ». Le responsable du MSP appelle en ce sens à « respecter la diversité dans la vie politique (…) Il faut s’accepter, on ne peut pas tous être semblables ». Il fait le lien avec les « propositions » de son mouvement : « Dans notre vision politique, il faudra après les élections entamer un dialogue entre les forces politiques qui seront dans le Parlement (…) en incluant ceux qui ont participé et ceux qui n’ont pas participé aux élections. Et en coordination avec le Président de la République, bien entendu ».
Le responsable politique qui avait dernièrement fait savoir que des militants du MSP avaient été victimes de pression explique plus en détail que son mouvement n’a de ce fait pas été en mesure de présenter des listes à Tizi Ouzou. « Nos candidats n’ont pas pu supporter la pression et ont choisi de ne pas se présenter. » Décision que le MSP devrait analyser en interne au lendemain du scrutin. Abderrazak Makri ajoute : « C’est la décision des candidats pas celle du bureau national ni celle du président (…) Nous n’avons pas voulu imposer la participation, ils assureront leur choix devant les structures du parti après les élections. » n