Par Bouzid Chalabi
Depuis quelques jours, une tension sur ces deux produits de très large consommation a fait son apparition dans le circuit de commercialisation, alors que les producteurs affirment produire à pleine capacité.
Les services commerciaux de certaines marques de semoule et d’huile de table, approchés par Reporters hier, ont affirmé que leurs «capacités de production n’ont à aucun moment connu de baisse, pour preuve les grossistes et dépositaires s’approvisionnent régulièrement et selon leurs besoins.» Ce qui renvoie à dire que c’est dans le maillon de la distribution que réside la cause de ces deux pénuries. Pour en avoir le cœur net, Reporters a contacté Walid Messaoud, président du Comité des grossistes de Oued Smar, grande plaque tournante du commerce en gros de produits alimentaires, dans la banlieue Est de la capitale. Ce dernier affirme que ces derniers temps «le volume des arrivages en huile et semoule depuis les unités de production a quelque peu baissé, mais pas au point de créer une tension sur l’huile de table et la semoule. En tous les cas, pas au niveau de la capitale et des wilayas avoisinantes». Non sans préciser qu’il n’est pas en mesure de se prononcer sur l’huile de table du groupe Cevital, car ce dernier a toujours fait en sorte de distribuer son huile par son propre réseau d’acheminement, c’est-à-dire depuis l’usine jusqu’aux dépositaires finaux».
Dans ce sillage, il convient de savoir que face à cette situation de tension sur l’huile de table, le groupe Cevital a rassuré, dans un communiqué rendu public, les consommateurs algériens sur la disponibilité et la production en quantités largement suffisantes de l’huile de table. Avançant en outre «qu’il dispose d’un stock de matières premières suffisant pour garantir la disponibilité de l’huile de table sur le marché. Et de préciser : «Nos unités de production, raffinage et autre conditionnement des huiles, sont opérationnelles et fonctionnent sans interruption.» On apprend également de cette même source «l’entrée en service d’une nouvelle ligne de conditionnement d’huile de table à haute cadence, afin de répondre à la demande des consommateurs algériens».
Par contre, du côté des minoteries productrices de semoule, on reconnaît une baisse de la production due à l’arrêt de chaînes de production pour nécessité d’entretien en période de grande chaleur. «Mais cela n’a guère affecté le niveau des stocks destinés aux grossistes et autres dépositaires», a-t-on appris par la voie d’un commercial qui a voulu garder l’anonymat.
Finalement, la cause de la baisse de l’offre au niveau des commerces de détail réside dans un autre maillon du circuit production/distribution. Aussi on peut déduire que ces pénuries simultanées ont été créées de toutes pièces par des indus commerciaux aidés par des détaillants sans scrupules faisant croire à leur clientèle qu’il y a tension sur le marché de l’huile de table et de la semoule. Et ainsi voir leur prochain arrivage en ces deux denrées s’écouler en un temps record moyennant une majoration sur leur prix au détail. «Et ainsi le tour est joué au grand détriment des consommateurs», déplore-t-on du côté de l’Association de protection et d’orientation des consommateurs et de l’environnement (Apoce). On n’en saura pas plus de l’Apoce sur ces pénuries dans la mesure où nos tentatives de prendre contact avec son président sont demeurées vaines. Mais toujours est-il que les consommateurs espèrent que ces pénuries seront éphémères car dans le cas contraire ce sont les foyers à faibles revenus qui seront durement pénalisés. n