Légende du football, l’Argentin Diego Maradona est mort mercredi à 60 ans, laissant le monde du sport en deuil devant la disparition d’un des joueurs les plus charismatiques et les plus controversés de l’histoire. Le « Pibe de Oro » (« gamin en or »), l’auteur de la « Main de Dieu », Diego Armando Maradona est décédé des suites d’un arrêt cardiaque chez lui en Argentine, selon son porte-parole Sebastian Sanchi. L’Argentine a immédiatement décrété trois jours de deuil national dans le pays qui perd l’une de ses personnalités les plus adulées. Le champion du monde 1986 au Mexique avait subi une intervention chirurgicale pour un hématome au crâne début novembre et se remettait dans une maison de la périphérie de Buenos Aires. Le 12 novembre, il était sorti d’un hôpital de la banlieue de Buenos Aires, après huit jours d’hospitalisation qui avaient ébranlés l’Argentine, inquiète quant à la santé de son ancien international. Son aura a en effet dépassé le cadre des passionnés de football, tant Maradona aura marqué les esprits par ses buts et ses dribbles spectaculaires comme ses excès sur le plan extrasportif, entre déchéance, drogue et déclarations polémiques. Le souvenir des buts légendaires de ce dribbleur hors-pair au 1,65 m laissera une trace indélébile dans tous les clubs où il est passé, de Boca Juniors, son club de coeur à Buenos Aires, à Naples, où il a évolué de 1984 à 1991 au sommet de sa carrière en Europe, après un passage à Barcelone.

– « Le plus grand » –
Le légendaire numéro 10 a aussi étincelé en équipe nationale, sous le maillot de l’Albiceleste avec lequel il a marqué 50 buts en 115 matches en 17 ans de carrière internationale. Son but de la main contre l’Angleterre en quart de finale du Mondial-1986, qu’il avait aussitôt rebaptisé « main de Dieu », restera comme l’une des images les plus mémorables de l’histoire de la Coupe du monde, tout comme celle de son second but, tout en dribbles et en culot, dans cette rencontre au stade Aztèque de Mexico. Après une finale perdue en 1990, l’histoire avec le Mondial finira mal, par une exclusion lors de l’édition 1994 après un contrôle antidopage positif. Le crépuscule pour Maradona malgré plusieurs tentatives de retour. Moins retenus, ses passages sur les bancs des entraîneurs l’auront mené de la sélection argentine (2008-2010), au Mexique, et finalement au Gimnasia La Plata en Argentine, où il exerçait encore juste avant sa mort. Si la planète savait la santé du « Pibe de Oro » fragile, l’annonce de son décès, avancée dans un premier temps par la presse argentine, a entraîné un déluge de tristesse et d’éloges dans le monde du ballon rond, où seul le Brésilien Pelé (80 ans) rivalise dans le classement informel des plus grands de l’histoire. L’ancien international Gary Lineker, buteur anglais lors du célèbre Angleterre-Argentine du Mondial-1986, a ainsi salué « de loin le meilleur joueur de (sa) génération et sans doute le plus grand de tous les temps ». « Après une vie bénie mais troublée, espérons qu’il trouve du réconfort dans les mains de Dieu », a-t-il écrit sur Twitter. La Fédération argentine de football « exprime sa plus profonde douleur pour la mort de notre légende, Diego Armando Maradona. Tu seras toujours dans nos coeurs », a-t-elle réagi. « Merci éternel. Eternel Diego », a sobrement réagi Boca Juniors, le club argentin où le génial N.10 a séduit l’Europe, en 1981-1982, avant son départ le FC Barcelone (1982-1984) et Naples (1984-1991). « Pour toujours, ciao Diego », s’est incliné le club italien. « Tu nous a emmenés sur le toit du monde. Tu nous as rendus immensément heureux. Tu as été le plus grand de tous. Merci d’avoir existé, Diego. Tu vas nous manquer pendant toute notre vie » », a déclaré le président de l’Argentine, Alberto Fernandez.  (afp)