Les syndicats du secteur de l’Education nationale ne sont pas sur la même longueur d’ondes avec la tutelle quant aux conditions dans lesquelles s’effectue la rentrée scolaire intervenue, conséquence plus préoccupante, dans un contexte de rebond des cas de contamination à la Covid-19.
Chez les enseignants du cycle primaire, l’inquiétude est de mise notamment au sujet de l’application stricte du protocole sanitaire. Ils sont inquiets notamment des risques de propagation et du manque de moyens pour lutter «efficacement» contre l’épidémie.
La Coordination nationale des enseignants du primaire indique que les conditions préalables telles qu’édictées dans le protocole sanitaire élaboré par le ministère de l’Education ne sont pas réunies pour le lancement de l’année scolaire. Elle impute la responsabilité d’une «éventuelle aggravation» de la situation sanitaire aux autorités compétentes au vu de «la négligence et l’insouciance constatées au premier jour de la rentrée scolaire, souligne le coordinateur d’Alger-Ouest de l’organisation, Bachir Kiouas, lequel estime que «la situation ne peut être supportée dans nos écoles».
Le porte-parole de l’Unpef, Abdelouahab Lamri Zegar, dénonce, pour sa part, l’absence des autorités communales et des représentants des collectivités locales dans les établissements du primaire qui dépendent des assemblées locales. Un avis partagé par le syndicaliste Nabil Ferguenis, qui préfère voir les écoles primaires «rattachées» au ministère de l’Education y compris pour ce genre de mission. Contrairement à Ferguenis et Zegar, le président de l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE), Ali Benzina, réclame la mise en place d’un «observatoire national pour la gestion des œuvres sociales». Ainsi, les «proviseurs ne se consacreront qu’aux affaires pédagogiques», selon lui.
Par ailleurs, les écoliers ont pris connaissance du calendrier «exceptionnel» des examens trimestriels. En effet, cette année, les élèves des trois cycles seront examinés en deux phases, selon le calendrier des compositions dévoilé par le ministère. Cependant, le calendrier des compositions du deuxième trimestre a été arrêté pour les niveaux non concernés par les examens de fin d’année, à savoir 1, 2, 3, et 4e année primaire (AP), 1, 2 et 3e année moyenne (AM). Il en est de même pour les examens de rattrapage qui ne seront dispensés qu’aux élèves des classes non concernées par les examens de fin d’année. Le syndicaliste Nabil Ferguenis reproche à la tutelle des «décisions unilatérales», relevant que le calendrier des examens fixé par la tutelle va amputer des heures de l’année scolaire déjà «écourtée» en raison de la crise sanitaire.
Le porte-parole de l’Unpef fait état de nombre de «dysfonctionnements» dans le secteur de l’Education. Il se focalise sur les «disparités» dans le volume horaire des enseignants et des élèves. «Cette crise sanitaire va créer des inégalités entre les écoles de simple vacation et celles fonctionnant avec la double vacation», s’alarme M. Zegar. De son côté, Bachir Kiouas trouve que cette situation exceptionnelle de crise sanitaire implique de réviser le programme scolaire. <