Les écoles ne seront pas fermées, a tranché le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, qui clôt ainsi la question ayant dominé le débat public depuis la rentrée scolaire dans les trois paliers et qui a vu plusieurs acteurs, entre organisations syndicales et mouvement associatif, appeler à surseoir à cette rentrée à cause de la recrudescence des cas de contaminations à la Covid-19.

La demande de fermeture des écoles a été notamment motivée par le signalement de plusieurs cas de contaminations dans certains établissements, par le déficit de moyens accordés aux écoles ainsi qu’au suivi jugé faible du protocole sanitaire dans quelques contrées. Depuis hier, et à partir de Tipasa, M. Djerad a écarté le scénario de la fermeture des écoles sous prétexte du contexte sanitaire. «Pourquoi fermer les écoles ? Est-ce qu’il y a un Etat au monde qui l’a fait ?», s’est-il interrogé sur cette question qui fait couler beaucoup d’encre depuis la rentrée du premier contingent, celui du cycle primaire, qui a eu lieu il y a justement un mois. «Non, la fermeture des écoles n’est pas à l’ordre du jour actuellement», a tranché le Premier ministre, qui a expliqué, à cette occasion, que «s’il y a des problèmes ici et là, il faut les prendre en charge directement sans toucher à l’intérêt des élèves». Il a déclaré, à ce propos, que les chiffres des contaminations quotidiennes «ne sont pas tellement inquiétants jusqu’à fermer les écoles», appelant, une nouvelle fois, les personnels de l’Education, les syndicats, les parents d’élèves à «se mobiliser» pour une «application sans faille» du protocole sanitaire mis en place depuis la rentrée scolaire. M. Djerad a ajouté, dans ce sens, que l’Etat «accomplit sa mission envers ses citoyens», soulignant que toutes les décisions prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie se font après consultation du comité scientifique qui travaille «selon une approche scientifique et en toute objectivité».
Relevant que les décisions et les mesures «se prennent de façon graduelle et en temps opportun», le Premier ministre a invité les Algériens à ne se fier qu’aux avis des médecins et scientifiques «loin des débats byzantins», recommandant également d’éviter «toute précipitation» dans la prise de décisions.
Récurrente depuis la rentrée scolaire et amplifiée dès l’annonce de nouveaux cas de contaminations dans les établissements, la question n’a pas manqué de mettre dans la gêne aussi bien le ministère de l’Education nationale que celui de la Santé entièrement engagés sur ce terrain.
Les deux tutelles ne cessaient de dire que ce n’est pas de leurs prérogatives respectives de trancher la problématique de maintenir l’ouverture des écoles ou de décider de leur fermeture, renvoyant ainsi la balle à l’Exécutif et au comité scientifique. Or, ce dernier n’a pas caché, à entendre ses membres, sa détermination à maintenir en cours la rentrée scolaire, estimant que «ces établissements sont des espaces qui sont les plus rigoureux dans le respect des mesures barrières et les plus respectueuses des consignes de désinfection, d’autant plus qu’ils subissent un contrôle suivi pour détecter le moindre cas de contamination à la Covid-19».
Mohamed Bekkat-Berkani, membre du comité de suivi de la Covid-19, a exprimé sa préférence pour «une fermeture transitoire des écoles si la situation l’exige». C’est dire à quel point on tient, au niveau du comité scientifique, à maintenir ouvertes les écoles au moment où certaines voix parmi le monde syndical sont également dans cette logique estimant que «le risque de contamination est hors milieu scolaire».
Des appréciations qui semblent avoir conforté le choix du gouvernement Djerad de ne pas fermer les écoles. L’option est désormais accompagnée par la mobilisation d’une enveloppe financière qui servira à l’acquisition du matériel nécessaire aux établissements pour une meilleure application du protocole sanitaire. L’enveloppe qui sera versée au titre du dernier exercice financier de 2020 se veut manifestement une réponse aux différentes alertes des chefs d’établissement et autres acteurs du secteur qui ont pointé du doigt un déficit en moyens de prévention.
Cette enveloppe «exceptionnelle» servira à doter les établissements des trois paliers de l’Education nationale de thermomètres frontaux, de gels hydroalcooliques…
La mesure a été favorablement accueillie par l’Intersyndicale du secteur qui a décidé de surseoir aux actions de protestation prévues afin de «dénoncer la situation sanitaire difficile dans les écoles». <