Les autorités veulent développer le hors réseau, c’est-à-dire généraliser l’utilisation de l’énergie solaire notamment dans les services publics, l’éducation, la santé, les zones montagneuses et les routes express, ce qui permet d’aller plus vite dans la politique de développement des énergies renouvelables.

Par Khaled Remouche
Plus d’un millier de communes seront obligées d’utiliser l’énergie solaire pour assurer l’éclairage public. C’est ce qui ressort des instructions données au gouvernement par le chef de l’Etat lors du dernier Conseil des ministres, indique le communiqué officiel rendu public à l’issue de la réunion. Un coup de pouce donné par le Président de la République en vue de généraliser les énergies renouvelables dans les services publics et, par extension, dans toutes les activités socioéconomiques du pays.
Cette mesure constitue un pas positif sur la voie de la transition énergétique ou l’instauration d’un mix énergétique moins carboné que veut promouvoir le gouvernement. Le premier magistrat du pays a fixé un délai ne dépassant trois mois pour que cette décision soit mise en œuvre. Il a également sommé le gouvernement d’introduire l’énergie solaire dans les zones montagneuses, à l’instar des Aurès, de l’Ouarsenis et du Djurdjura, et d’étendre cette utilisation, au terme de ce délai, aux voies routières express. Et à la généraliser dans certains établissements et structures de l’Etat, notamment dans les secteurs de la santé et l’éducation. Ces mesures en somme visent à développer le hors réseau, un volet du programme de développement des énergies renouvelables, dont la mise en œuvre connaît un grand retard. Les autorités veulent donner un nouveau souffle à ce plan qui vise à réaliser chaque année 1 000 MW de capacité électrique à partir de centrales photovoltaïques à partir de 2021. Mais l’appel d’offres de 1 000 MW tarde à être lancé. Ce qui aura comme impact l’impossibilité, fin 2022, de disposer de 2 000 MW de capacité nouvelle en énergie. En attendant que ces nouvelles capacités soient installées, aller plus vite dans cette politique de transition énergétique et de développement des énergies renouvelables consiste ainsi à développer en priorité le hors réseau.

Barrière aux chauffages à gaz importés énergivores et dangereux
Le chef de l’Etat a, également, insisté sur l’importance de rationaliser la consommation domestique de gaz en vue de préserver les ressources énergétiques et, de fait, les capacités d’exportation. Il a appelé à coopérer avec les pays développés dans les recherches sur les techniques de généralisation de l’utilisation des énergies renouvelables. Le premier point renvoie au modèle de consommation énergétique.
Le plan d’actions du gouvernement Aïmene Benabderrahmane prévoit un programme beaucoup plus ambitieux en matière d’économie d’énergie et d’efficacité énergétique, des axes importants de cette transition énergétique mais dont la première étape de cet effort tarde à se concrétiser. L’abandon des subventions sur les produits énergétiques pourrait conduire à moins de gaspillages de gaz mais elle pourrait avoir un impact social négatif.
En fait, c’est un pack de mesures qu’il faudrait mettre en œuvre pour parvenir à cette rationalisation de la consommation de gaz. L’une des solutions est le contrôle aux frontières des appareils électroménagers énergivores et dangereux. En ce sens, le chef de l’Etat a ordonné de redéfinir les critères relatifs à l’importation des chauffages à utilisation domestique de manière à prendre en considération les normes de sécurité et la transition énergétique en cours. Il a également appelé à lancer une campagne nationale, à titre gracieux, pour le contrôle des chauffages fonctionnant au gaz naturel afin de protéger la vie des citoyens. Autre instruction en ce sens donnée : orienter progressivement le secteur du bâtiment et des travaux publics vers l’adoption de normes environnementales peu énergivores permettant d’éviter l’utilisation de matériaux nuisibles à l’environnement. Clin d’œil notamment à l’impératif de lancer l’isolation thermique des logements qui permettrait d’économiser jusqu’à 40% d’énergie. Il a enfin ordonné d’installer un haut-conseil de l’énergie dans les meilleurs délais. Une structure quasi similaire avait été créée par l’Etat mais gelée pendant au moins deux décennies !