Par ce travail, Oussama Tabti propose sa vision du monde, «celle d’un jeune homme né à Alger en 1988, qui porte un regard critique sur une géopolitique hermétique, faite de frontières infranchissables et de cultures qui se recroquevillent sur elles-mêmes».

La Baignoire (3, rue des Frères Oukid. Square Port Saïd, Alger) accueillera le samedi 25 février à 15 heures, le vernissage de l’exposition «La Roma La ntouma» (ni Rome ni vous), de l’artiste Oussama Tabti, artiste visuel né à Alger, qui vit et travaille à Marseille. Par ce travail, comme pour toute sa démarche, Oussama Tabti proposera «sa vision du monde», «celle d’un jeune homme né à Alger en 1988, qui porte un regard critique sur une géopolitique hermétique, faite de frontières infranchissables et de cultures qui se recroquevillent sur elles-mêmes», signale Samir Toumi, écrivain et fondateur de l’espace La Baignoire, sur le dossier de presse. Pour lui, «Oussama Tabti nous livre également ses analyses», notamment sur «le système éducatif dans lequel il a grandi, sur l’absurdité et la gabegie que l’on croise à chaque coin du pays». L’artiste visuel «dénonce» à sa manière «la difficulté de se mouvoir dans un monde certes globalisé, mais méfiant et effrayé par l’étranger et la différence». Pour ce faire, Oussama Tabti s’interroge sur le monde, se pose et «nous» pose la question suivante : «Est-ce que le regard change lorsque le lieu change ?» Samir Toumi suggère dans sa présentation une réponse, en soulignant : «Où que l’on vive, quoi que l’on fasse, le monde reste fermé, les préjugés demeurent, et l’abrutissement des masses, s’il revêt d’autres formes, est plus en marche que jamais. Toujours indécents, les maux du monde s’exhibent à nous, et nous rattrapent, où que l’on aille». En outre, Oussama Tabti est diplômé de l’Ecole supérieure des Beaux-arts d’Alger en design graphique. Son intérêt porte sur l’image et ses différents aspects dans l’art en général, et essaie dans son travail de prendre position par rapport aux différents bouleversements et phénomènes qui marquent la société et le monde dans lequel il vit. L’attention portée à l’actualité et au réel de manière générale est visible dans la plupart de ses œuvres. Il a participé à plusieurs expositions, en Algérie et à l’étranger, notamment la Biennale des jeunes créateurs d’Europe et de la Méditerranée à Skopje en 2009, le Festival international d’art contemporain d’Alger en 2011, la Biennale de l’art africain contemporain à Dakar en 2012 ou encore Picturie Générale III en 2016. Par ailleurs, il est à noter que la Baignoire n’est ni une galerie d’art, ni un espace culturel.
«C’est un concept d’espace partagé qui, régulièrement, propose au monde de l’entreprise de coexister avec la sphère culturelle dans ses formes les plus diverses (expositions, installations, ateliers, lectures, etc.)». Ce sont les bureaux du cabinet Teamconsulting qui accueillent des expériences culturelles inédites «qui permettront aux artistes de présenter des happenings, des rencontres et des travaux s’adaptant aux contraintes du lieu et de son utilisation au quotidien». Les artistes cohabitent ainsi avec les collaborateurs de la société, qui eux, «poursuivront leur activité en les côtoyant et en évoluant dans le même lieu». Aucune contrepartie financière et aucune transaction d’œuvre n’est effectuée, cette expérience inédite et innovante propose «une cohabitation des mondes de la culture et de l’entreprise», et se veut «un laboratoire de réflexion autour de l’impact des actions culturelles sur l’individu au travail, son épanouissement au quotidien».