PAR NAZIM B.
La journaliste Kenza Khatto a été condamnée par le Tribunal Sidi M’hamed, hier, à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 20 000 DA pour «outrage à corps constitué». L’accusation «d’atteinte à l’unité nationale» retenue contre la journaliste a été abandonnée après réexamen du dossier par la chambre d’accusation.
Le Parquet avait requis une année de prison ferme lors du procès qui s’est déroulé le 25 mai dernier. Arrêtée vendredi 14 mai lors de la 117e marche du mouvement populaire, la journaliste a été déférée en comparution immédiate le 18 mai, avant d’être remise en liberté après un malaise en pleine audience. Aux questions du juge, la journaliste a réfuté les accusations retenues contre elle en déclarant qu’elle ne faisait que son métier de journaliste, soutenant «n’avoir commis aucun crime qui nécessiterait ma comparution ni mon arrestation».
Par ailleurs, la chambre d’accusation de la Cour de Ruisseau (Alger) va étudier, le 6 juin, le dossier du journaliste Ihsane El Kadi, patron de Radio M, mis sous contrôle judiciaire. Le journaliste est poursuivi pour trois chefs d’inculpation «diffusion de fausses informations à même de porter atteinte à l’unité nationale», «perturbations des élections» et «ouverture de la plaie de la tragédie des années 90 et réouverture du dossier de la tragédie nationale».
En ce qui concerne le journaliste Rabah Karèche, correspondant du quotidien Liberté à Tamanrasset, il se trouve toujours en détention provisoire depuis le 19 avril dernier après avoir été arrêté la veille. Sa demande de liberté provisoire a été rejetée le 27 avril 2021 par la Cour de Tamanrasset. Le journaliste est poursuivi pour les chefs d’inculpation «création d’un compte électronique consacré à la diffusion d’informations susceptibles de provoquer la ségrégation et la haine dans la société», «diffusion volontaire de fausses informations susceptibles d’attenter à l’ordre public» et «usage de divers moyens pour porter atteinte à la sûreté et l’unité nationales».
Pour sa part, la chambre d’accusation près la Cour de Tébessa a confirmé, hier, l’ordonnance du juge d’instruction près le tribunal de la même ville qui a mis en détention provisoire l’avocat Arslane Abderaouf. Ce dernier, membre du Collectif de défense des détenus du Hirak, avait été placé en détention provisoire en compagnie de trois autres personnes, Aziz Bekakria, Redouane Hamidi et Azeddine Mansouri, le 26 mai dernier. La corporation des avocats a organisé ces deux derniers jours des rassemblements dans plusieurs wilayas pour exprimer sa solidarité avec Maître Arslane. L’Union des avocats de Tébessa a tenu, hier, une réunion d’urgence suite à la décision de confirmation de la détention provisoire contre l’avocat. Des indiscrétions parmi les avocats évoquent la possibilité d’un recours à la grève ou l’organisation d’une marche nationale à Alger.