Le Venezuela entend rattraper le temps perdu et remettre son appareil de production pétrolière en marche. Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a signé, hier, sept accords avec des sociétés pétrolières internationales dans le but d’augmenter la production de brut d’un million de barils par jour.

«Nous avons signé les sept premiers accords sur 14 déjà négociés (…) nous nous engageons à augmenter (la production) de plus de  600 000 barils», a déclaré Nicolas Maduro lors de la cérémonie de signature des accords, retransmise à la radio et la télévision. Il s’agit-là d’un évènement, non des moindres, pour ce pays dont le secteur pétrolier a subi d’importantes pertes dans le sillage de la dégringolade des cours du brut entamée depuis juin 2014. Le Venezuela a vu sa production de pétrole chuter drastiquement, entraînant dans son sillage l’économie du pays, voire sa stabilité politique. Les pertes subies par le Venezuela ont été compensées par d’autres pays dans le cadre de l’engagement conclu en juin dernier par les membres de l’Opep et leurs alliés non-Opep. Ces derniers, sous l’effet de la baisse de la production au Venezuela et en Libye et dans la perspective du retour des sanctions américaines contre l’Iran, ont décidé de réviser les accords de réduction de la production conclus en décembre 2016 et pomper un supplément d’environ 1 million de barils/jour. Si le Venezuela venait à réussir le pari d’accroître de 1 million de barils/jour sa production pétrolière, cette hausse va assurément avoir des conséquences sur l’offre globale de l’Opep, qu’il faudra réajuster encore une fois afin qu’il n’y ait pas d’incidences négatives sur le marché. Selon le Président, l’objectif de la compagnie pétrolière d’Etat Petroleos de Venezuela (PDVSA) avec les 14 accords -qui portent sur 14 champs pétrolifères du pays-, sera de «récupérer la production d’un million de barils avec des investissements publics, privés, nationaux et internationaux». Parmi les entreprises qui ont signé les accords figurent la panaméenne Helios Petroleum Services et le groupe chinois Shandong Kerui. Dans une tentative d’attirer les majors pétrolières internationales, Nicolas Maduro a assuré aux «investisseurs pétroliers internationaux» que le gouvernement tenait «les portes ouvertes».
«Nous donnerons aux entreprises participantes toute la sécurité juridique, toutes les facilités d’investissement qui seront reconnues par PDVSA», a déclaré le ministre du pétrole, Manuel Quevedo, lors de la cérémonie. Les responsables du pays se sont rendu compte que seule une hausse de la production pétrolière du pays pourrait remettre sur les rails un pays au bord du précipice. L’économie a complètement chaviré et les Vénézuéliens quittent le pays en masse. Pourtant, le Venezuela possède les plus importantes réserves de pétrole au monde et le secteur pétrolier lui fournit 96% de ses revenus. Toutefois, sa production a fortement chutée. En juin elle était passée à 1,5 million de barils par jour, a rapporté l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), loin des 3,2 millions que le Venezuela pompait en 2008. Il s’agit de la production la plus faible des trois dernières décennies, mise à part la baisse enregistrée lors d’une grève du secteur entre décembre 2002 et février 2003. Des sources citées par l’organisation indiquent que le déclin en juin était de 47 500 barils par jour, soit une production globale de 1,34 million de barils par jour. Ce niveau est inférieur à celui de mars 1950 lorsque le pays a produit 1,38 million de barils par jour, selon des chiffres de
PDVSA, cités par le consultant Capital Market. C’est dire la gravité de la crise que vit le secteur pétrolier du Venezuela qui représente le cœur battant de son économie.