Le monde entier vit au rythme du nouveau variant du coronavirus Omicron qui poursuit sa rapide propagation et que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé, désormais, comme présentant «un risque très élevé» au niveau mondial.

PAR INES DALI
Ce qui a poussé le G7 à réunir en urgence ses ministres de la Santé, à Londres, et les pays de l’Opep à reporter à demain leur réunion technique pour évaluer la situation à l’aune de cette nouvelle donne. L’OMS a souligné les nombreuses incertitudes qui entourent encore la dangerosité et la transmissibilité du variant, notant qu’«à ce jour, aucun décès associé au variant Omicron n’a été rapporté». Mais étant donné les «mutations qui pourraient conférer un potentiel d’échappement à la réponse immunitaire, tout comme possiblement donner un avantage en termes de transmissibilité, la probabilité qu’Omicron se répande au niveau mondial est élevée», a-t-elle indiqué dans un document technique publié hier.
«En fonctions de ces caractéristiques, il pourrait y avoir de futurs pics de la Covid-19, qui pourraient avoir des conséquences sévères en fonction de différents facteurs et, en particulier, où ces pics se produiraient», a ajouté l’OMS, relevant toutefois que de «nombreuses inconnues» demeurent sur ce variant, «sa contagiosité, savoir si elle est inhérente aux mutations constatées ou si elle relève du fait que ce variant sait mieux échapper à la réponse immunitaire, le niveau de protection conféré par les vaccins anti-Covid existants en termes de contagiosité et sévérité de la maladie et si le variant provoque des symptômes plus graves». Pour l’heure, les tests PCR sont toujours efficaces face au variant Omicron et des études sont en cours pour déterminer s’il y a un impact sur d’autres types de tests, notamment les tests de détection rapide d’antigènes.
Les données préliminaires suggèrent que le variant Omicron présente «un risque accru de réinfection» par rapport aux autres variants dont le Delta, dominant et déjà très contagieux, selon l’OMS, qui indique ne pas savoir encore plus s’il entraîne des formes plus graves de la maladie de la Covid-19 qui a fait plus 5 millions de morts dans le monde depuis son apparition en décembre 2019.
De plus amples informations à ce sujet seront disponibles dans les jours et semaines à venir «pour comprendre le niveau de virulence du variant Omicron». Le nombre de personnes testées positives a augmenté dans les régions d’Afrique australe touchées par ce variant, et la liste des autres pays du monde où il est détecté ne cesse de s’allonger, notamment en Europe, après des premiers cas repérés en Afrique du Sud, poussant de nombreux Etats à suspendre les voyages vers cette région et instaurer des restrictions préventives. C’est le cas, entre autres, de la France, l’Allemagne, l’Italie, les Etats-Unis, le Canada, le Japon et l’Australie qui ont décidé de fermer provisoirement leurs frontières aux voyageurs en provenance d’Afrique australe par mesure de précaution.

Inconnue sur la virulence du variant Omicron
En effet, au-delà de l’Afrique australe, des cas liés à la nouvelle souche ont été détectés à travers les pays du G7, du Canada à l’Italie, en passant par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, où six nouveaux cas ont encore été confirmés lundi en Ecosse. En France, où huit cas suspects sont signalés mais non confirmés, la détection du variant Omicron est «très probablement une question d’heures», d’après son ministre de la Santé. Au Portugal, 13 cas de la Covid-19 ont été identifiés chez les footballeurs du club portugais Belenenses SAD et sont probablement associés à Omicron, selon l’Institut national de santé (Insa). Aux Pays-Bas, où 13 passagers arrivés d’Afrique du Sud, vendredi, à Amsterdam étaient porteurs du variant.
Une situation qui conduit les ministres de la Santé de la France, des Etats-Unis, du Canada, d’Allemagne, d’Italie, du Japon et du Royaume-Uni à se retrouver hier à Londres «pour discuter de l’évolution de la situation sur Omicron», lors d’une «réunion d’urgence», a annoncé Londres, à la tête de la présidence tournante du G7.
Pour sa part, l’OMS a plaidé pour un maintien de l’ouverture des frontières. L’Organisation «se tient aux côtés des pays africains et lance un appel pour que les frontières restent ouvertes», a-t-elle affirmé dans un communiqué, appelant les pays à «adopter une approche scientifique, basée sur l’évaluation des risques». Cette approche découle du fait qu’il est «crucial que les pays qui sont transparents avec leurs données soient soutenus, car c’est le seul moyen de s’assurer que nous recevons les données importantes en temps opportun», a expliqué l’OMS. Ces mesures d’interdictions de vols, qui impactent l’économie et le tourisme, pourraient dissuader à l’avenir les pays de signaler la découverte de prochains variants de peur de se retrouver sanctionnés, ont indiqué les autorités sanitaires sud-africaines, qui avaient alerté sur l’existence de ce variant dans leur pays. Se jugeant déjà «punie» pour avoir révélé l’existence du variant, l’Afrique du Sud a demandé la levée «immédiate et urgente» des restrictions de voyage. L’épidémiologiste sud-africain Salim Abdool Karim estime que le pays devrait dépasser les 10 000 contaminations quotidiennes cette semaine. Le Malawi a dénoncé des restrictions de voyage relevant de «l’afrophobie». Après les inquiétudes causées par le Delta, déjà très contagieux, voilà que le variant Omicron vient en causer d’autres. Du côté des fabricants de vaccins, AstraZeneca comme Pfizer/BioNTech, Moderna et Novavax se sont déclarés confiants dans leur capacité à combattre la souche Omicron.